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 Sujet du message: The Deep
MessagePosté: Lun 14 Jan 2013 14:50 
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The Deep, de Baltasar Kormakur

Un naufrage dans une eau glacée, un survivant, un film inspiré d'une histoire vraie.... On a tendance à immédiatement penser à un certain blockbuster Américain caricatural par son trop plein de sentiments. The Deep serait-il une version islandaise de Titanic ? Va-t-on devoir supporter une bande-son à la Céline Dion ?
Le film met en scène l'exploit réalisé par Gulli, en 1984. Victime du naufrage d'un bateau de pêche, il se retrouve le seul survivant et parvient à nager plus de six heures dans une eau à cinq degrés.
Les grosses productions hollywoodiennes nous ayant donc habitués à des films dégoulinant d'émotions trop fortes pour être vraies, on pouvait attendre de The Deep quelque chose de comparable à 127 heures de Danny Boyle (2010) ou à d'autres mauvais films du même genre. On est donc surpris et soulagé de constater que tout le monde n'est pas hollywoodien et que, malgré quelques bons sentiments, The Deep sort du lot : par sa capacité à rester dans le réalisme, ne pas en faire trop, Baltasar Kormakur empêche le film de sombrer dans une mer de guimauve. Lui, ainsi que ses acteurs, leur jeu est réaliste, honnête.. On saluera particulièrement la performance d’ Olafur Darri Olafsson : excellent dans un rôle complexe, on ne peut s'empêcher de l'admirer pour ce rôle qui a dû être éprouvant pour lui tant psychologiquement que physiquement. Car si l'on a tendance à se plaindre de la température de l'eau à la piscine municipale, on imagine néanmoins que le tournage dans l'océan Atlantique Nord n'a pas dû être de tout repos...

On est dès le début englouti par le film. En pleine empathie avec les personnages, on ne peut s'empêcher d’espérer pour eux, même lorsque l'on sait pertinemment leur devenir.
Baltasar Kormakur filme une mer magnifique et effrayante. Le spectateur se retrouve impressionné devant la monstruosité de l’océan et le film est d'ailleurs déconseillé aux victimes faciles du mal de mer.

Alternant oppression angoissante et poésie lyrique, The Deep crée un rythme captivant et nous plonge dans une atmosphère spécifique. La bande son évite judicieusement de se saturer de musiques fatigantes. Le travail du son, aspect bien trop souvent négligé, est ici un point remarquable.

Cette réalisation efficace parvient à gérer l'ambition de montrer six heures passées à rejoindre la Terre sans que cela apparaisse trop long ou trop résumé. Tout est justifié, même les flash-back ne se limitent pas à de simples manipulations pour tirer des émotions au spectateur ou combler des vides. On a notamment un parallèle avec une éruption volcanique, catastrophe survenue quelques années plus tôt, qui se révèle intéressant et justifié par le fait qu'il développe la personnalité du personnage principal.

Le réalisme du film est également dû à sa deuxième partie évitant astucieusement un happy-end trop lourd : Baltasar Kormakur nous montre les conséquences psychologiques d'avoir été un miraculé, l'incompréhension et la sollicitation des scientifiques qui veulent absolument examiner un miracle, la vie qui ne peut continuer normalement...

Par cette partie, The Deep se donne également le mérite de respecter les véritables impressions du véritable personnage en critiquant l'opinion publique vis-à-vis de cette histoire. Tout le monde admire et ne retient que son exploit sans penser à ceux qui n'ont pas survécu au naufrage.
Allant même jusqu'à reproduire exactement l'une de ses interviews, la ressemblance avec les images réelles est remarquable et le respect de la réalité est un aspect louable du travail de Baltasar Kormakur.

On émerge de The Deep secoué et satisfait de ne pas avoir eu à critiquer l'exagération que l'on trouve généralement dans ce genre de film.
Bénéficiant d'un grand succès en Islande, on peut espérer que cette capacité à chercher du réalisme influencera les films à venir retraçant des exploits humains.


Aurélia Thouret
élève de Terminale spécialité cinéma (Lycée Louis Armand, Chambéry)


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 Sujet du message: The Deep
MessagePosté: Lun 14 Jan 2013 14:52 
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Inscription: Jeu 8 Déc 2011 19:16
Messages: 4
The Deep : les avis de nos lycéens d’histoire des arts (Albertville) et de cinéma (Chambéry)

Une mise en scène épique qui souligne le courage du personnage principal

«Baltazar Kormakur s’est inspiré d’une histoire vraie, celle d’un naufrage d’un bateau de pêcheurs qui s’est passé en Islande. Le personnage principal de Gulli est le seul survivant de cette catastrophe. Accidents, deuils, solitude, eau glacée, température hivernale, douleur, blessures…Ce sont tous les éléments qu’il a su affronter avec courage et volonté. Avec le dur retour à la réalité, il doit encore réaliser son nouveau statut de héros avec toutes les conséquences que cela entraîne.
Ensuite, avec la série des flash-backs, cela accentue l’émotion que produit le film ainsi que les gros plans qui mettent en évidence le désespoir du personnage. Son visage est mis en valeur par la lumière qui représente le peu d’espoir qu’il lui reste. Le son nous permet aussi de percevoir ce que Gulli entend et ressent.»

Soukiassian Jénia et Frédéric Audrey, élèves de Première spécialité histoire des arts (Lycée Jean Moulin d’Alberrtville).

Un travail du son servi par un jeu d’acteur admirable...

«Le travail du son, admirable, nous immerge dans l'océan au même point que le personnage. L'image est très belle et la musique est utilisée à juste valeur. A l'inverse de Titanic, la musique n'est pas là pour arracher les larmes aux spectateurs, mais au contraire, elle lui permet de le laisser face à son propre ressenti. Et son intensité en est d'autant plus forte.»

« (...) une superbe interprétation de l'acteur Olafur Darri Olafsson qui a su s'approprier l'histoire de Gulli. En effet, son jeu d'acteur, magnifique au plus haut point, nous transmet toutes ses sensations et nous fait même ressentir la froideur des eaux sans pitié.»
Laura Paillès, Maëva Lelièvre et Elisa Lapierre, élèves de Terminale L 1 spécialité cinéma (Lycée Louis Armand de Chambéry).

...ou une utilisation trop facile du pathos pour d’autres :

«La lutte de Gulli contre les éléments est caractérisée par des flashbacks sur sa vie passée : on comprend alors la force qui habite le personnage, ce pourquoi il se bat. Pendant son errance, il discute avec une mouette la pensant messagère de Dieu. Cette scène représente la détresse du personnage et elle a pour but d'émouvoir le spectateur. Elle n'a cependant suscité en nous que rires et consternation. Cette dernière est accrue par la musique dramatique qui cherche, sans succès pour nous, à manipuler les émotions du spectateur.»

Maëly Chevrot et Tiffany Laurent, élmèves de Première spécialité histoire des arts (Lycée Jean-Moulin d’Albertville)

Une fin énigmatique...

«Gulli a été médiatisé comme un héros, comparé à un « phoque » à cause de son surpoids qui l’a tenu en vie. Il se sent incompris car pour lui, il est simplement survivant et pas un héros. Il est utilisé comme cobaye par les scientifiques et comme une bête curieuse par les médias. Les médecins le maltraitent presque moralement et inconsciemment ils lui font revivre son calvaire. Gulli retourne sur un bateau à la fin. Veut-il soigner son traumatisme ? Ou sait-il qu’il est lié fatalement à mourir comme ça ? De plus son père lui dit : « Le meilleur tombeau pour un marin est la mer. »

Axelle Thévenin et Amélie Metge, élèves de Première L spécialité histoire des arts (Lycée Jean Moulin - Albertville).


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