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 Sujet du message: Lost persons area, des avis contrastés
MessagePosté: Lun 14 Jan 2013 14:43 
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Inscription: Jeu 8 Déc 2011 19:16
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Lost persons area de Caroline Strubbe :


Les personnages

«Le quotidien de la famille est montré avec réalisme mais sans aucune empathie avec le spectateur. En effet même si tout paraît crédible, on ne ressent aucune sympathie, aucune pitié, aucune peur pour les personnages.
La seule qui retiendra notre attention est l'enfant, Tessa. En effet, elle se révèle le personnage le plus intéressant du film et l'on regrette qu'il n'ait pas été plus approfondi : peu à peu délaissée par ses parents, elle ne va pas à l'école et passe son temps à errer sur les routes, à ramasser tout ce qu'elle trouve. Seul charme et facteur d'émotions du film, on finit par attendre son retour à l'écran lors des autres scènes.

On ne niera pas les bonnes intentions de la réalisatrice qui nous montre la fatalité de la misère mais ces intentions ne font pas tout et le spectateur se désintéresse rapidement d'une intrigue quasi inexistante à propos du devenir de la famille.»

La question de la direction des acteurs et d’une mise en scène à la ‘ Lars Von Trier’

«Le jeu et la direction d'acteurs est néanmoins efficace, cela spécialement, une fois de plus, pour le personnage de l'enfant. Une qualité qui ajoute à l'aspect réaliste que recherche le film.
La caméra à l'épaule est également l'un des principaux facteurs de ce réalisme mais aussi du mal de tête du spectateur. Ressemblant à du ‘Lars von Trier amateur’, les images tremblantes nous fatiguent et nos yeux attendent impatiemment le générique afin de contempler un peu de calme sur cet écran.»


Aurélia Thouret
élève de Terminale L 1 spécialité cinéma (Lycée Louis Armand, Chambéry)


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 Sujet du message: Lost persons area vu par des élèves d'histoire des arts
MessagePosté: Lun 14 Jan 2013 14:48 
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Un silence incompris

Caroline Strubbe dans Lost Persons Area a choisi de représenter la vie d’une famille modeste. Tessa, une petite fille, habite dans une maison amovible au milieu de travaux. Elle ne va pas à l’école et passe ses journées à collectionner des objets qu’elle trouve à l’extérieur. Ces objets ? Des crayons, des pierres, des mégots de cigarettes et pleins d’autres choses qui n’ont rien à faire dans les mains d’une petite fille. Elle habite avec ses parents, Marcus et Bettina. Leur vie de famille sera bouleversée à cause d’un accident du travail.

Il n’y a pas vraiment de personnage principal dans ce film. Par exemple, on ne s’attache pas à la mère, à cause de son attitude peu maternelle. Elle aimerait sortir de sa condition mais ne le peut pas, car elle se convainc que « même la pire des mères est une bonne maman ».

Ensuite, il y a le père. Lui, ne montre jamais ce qu’il ressent et ne va jamais vers les autres. Il attend que sa fille vienne vers lui pour lui donner de l’affection. Avant l’accident, la relation avec sa femme est plutôt brutale (même dans les moments d’intimité) mais l’évènement qui bouleverse sa vie le fait aussi changer. Il engage comme bras droit, un homme nommé Szabolcs, qui tombera vite sous le charme de la mère. On a même l’impression qu’elle le manipule et qu’elle joue avec lui .

Le jeu d’alternance entre la netteté et le flou de l’image accentue les scènes entre les deux personnages. Lui est net et elle est floue. Cet effet représente leur personnalité. Lui, on peut lire chacune de ses expressions sur son visage mais elle à l’inverse, on n’en perçoit aucune.

Cependant, on s’attache plus facilement à la petite fille qui nous paraît être le personnage le plus important. Le fait qu’elle collectionne des objets retranscrit son manque d’affection. Il y a même une référence au Petit Poucet, elle récolte au hasard ses objets. A un moment, la petite fille énervée ouvre un robinet d’eau dans la salle de bain. Elle s’accroupit par terre. Elle ne pleure jamais, et on voit à travers l’eau qui coule, sa peine.

Il y a beaucoup de sensualité aussi, avec les effets de zoom sur la bouche ou les mains. Elle se maquille comme sa mère et se met du feutre rouge pour représenter le sang sur son père. Voilà deux modèles pour la petite. Une femme un peu volage, et un homme travailleur et atteint par ce qui lui arrive. De plus, la petite utilise un rituel bien spécial et très macabre, à chaque fois qu’un animal meurt. L’élément le plus important chez elle, c’est qu’elle ne parle pas ou qu’elle chuchote. Un mal être ? Un problème qui est enfoui à l’intérieur et qui ne veut pas sortir ?

De plus, la caméra tourne autour de la petite ou est plus en hauteur, elle montre ainsi son infériorité. La caméra est souvent portée à l’épaule. La lumière joue un rôle très important, elle est entièrement naturelle. A l’extérieur de la maison, elle provient du soleil ou du ciel et les personnages sont éclairés. A l’intérieur de la maison, l’espace est sombre et les personnages sont noirs. Le contraste est fortement marqué.

Nous recommandons le film car l’histoire est touchante et elle montre la vie d’une famille modeste, qui subit une épreuve à laquelle chacun peut s’identifier.

Soukiassan Jenia, Fréderic Audrey et Axelle Thévenin
élèves de Première spécialité histoire des arts du Lycée Jean Moulin d'Albertville.


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 Sujet du message: Re: Lost persons area, des avis contrastés
MessagePosté: Lun 14 Jan 2013 17:33 
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Une mise en scène qui reflète l’instabilité des personnages :

«Le film nous perd volontairement, les personnages semblent immobiles dans une intrigue vague et statique. Ce jeu, associé aux plans flous, montre l'état de détresse des personnages. L'image, construite avec des profondeurs de champ très réduites et l'omniprésence des plans subjectifs, nous centre sur leurs émotions. On étudie chaque protagoniste au cas par cas. Les images, prises caméra à l'épaule, reflètent l'instabilité de leur situation.»

«Cet aspect de leur vie est illustré par la scène dans laquelle Tessa présente à son père l'arbre qu'elle a construit. Celui-ci est vacillant, il semble que l'ajout du moindre élément pourrait le faire chavirer. Cette métaphore nous permet de comprendre que Szabolcs déstabilise, par sa présence, le schéma familial déjà fragile. C'est également l’une des dernières tentatives de Tessa pour se rapprocher de son père.»

Maely Chevrot, Tiffany Laurent
élèves de Première L histoire des arts Lycée Jean Moulin Albertville
Maxime Decroo
Terminale L 1 spécialité cinéma Lycée Louis Armand


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 Sujet du message: Re: Lost persons area, des avis contrastés
MessagePosté: Lun 14 Jan 2013 17:35 
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Des références à l’univers des contes

«Le film se déroule dans un no man's land, version western, par la solitude des personnages isolés dans ce désert immense et la présence de chevaux ainsi que des carcasses d'animaux. Cependant Lost Persons Area se rapproche plus d'un conte, dont les codes sont retournés. A l'inverse des contes traditionnels, les méchants ne sont pas désignés, ce n'est qu'à la fin que nous les découvrons. Tessa, abandonnée dans ce monde d'adultes telle Alice au pays des merveilles ,essaie de retrouver son chemin vers l'enfance à la manière du Petit Poucet. La mise en scène, pertinente, nous montre bien l'abandon de Tessa dans la mesure où elle est absente au début du film ; début qui ,lui, est focalisé sur la relation passionnelle des parents.
Filmé caméra à l'épaule, Lost Persons Area illustre ces relations instables entre ces personnages en pleine crise. De plus, les gros plans nous immiscent dans leur intimité.
Tessa, pour se protéger, se forge un univers à part. Pour cela, elle s'approprie tout ce qu'elle rencontre sur son chemin, crayons, ossements ou encore mégots de cigarettes. Tessa est sans aucun doute le personnage le plus important du film. Par ailleurs, le film ne développe pas assez cet aspect et nous laisse sur notre faim.»

Maeva Lelièvre, Laura Paillès, Élisa Lapierre
élèves de Terminale L 1 spécialité cinéma (Lycée Louis Armand, Chambéry)


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 Sujet du message: Re: Lost persons area, des avis contrastés
MessagePosté: Lun 14 Jan 2013 17:35 
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Des références à l’univers des contes

«Le film se déroule dans un no man's land, version western, par la solitude des personnages isolés dans ce désert immense et la présence de chevaux ainsi que des carcasses d'animaux. Cependant Lost Persons Area se rapproche plus d'un conte, dont les codes sont retournés. A l'inverse des contes traditionnels, les méchants ne sont pas désignés, ce n'est qu'à la fin que nous les découvrons. Tessa, abandonnée dans ce monde d'adultes telle Alice au pays des merveilles ,essaie de retrouver son chemin vers l'enfance à la manière du Petit Poucet. La mise en scène, pertinente, nous montre bien l'abandon de Tessa dans la mesure où elle est absente au début du film ; début qui ,lui, est focalisé sur la relation passionnelle des parents.
Filmé caméra à l'épaule, Lost Persons Area illustre ces relations instables entre ces personnages en pleine crise. De plus, les gros plans nous immiscent dans leur intimité.
Tessa, pour se protéger, se forge un univers à part. Pour cela, elle s'approprie tout ce qu'elle rencontre sur son chemin, crayons, ossements ou encore mégots de cigarettes. Tessa est sans aucun doute le personnage le plus important du film. Par ailleurs, le film ne développe pas assez cet aspect et nous laisse sur notre faim.»

Maeva Lelièvre, Laura Paillès, Élisa Lapierre
élèves de Terminale L 1 spécialité cinéma (Lycée Louis Armand, Chambéry)


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 Sujet du message: Re: Lost persons area, des avis contrastés
MessagePosté: Lun 14 Jan 2013 17:37 
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Le personnage problématique de Tessa

« Ce film, qui traîne en longueur, manque entièrement de substance et d'un personnage sur qui se centrer. Trop loin du film, le spectateur peine à éprouver des émotions à l'égard des personnages de l'histoire. Le personnage de Tessa, quant à lui, nous met parfois mal à l'aise : elle voue une espèce de culte à la mort en collectionnant des cadavres d'animaux et des bouts d'os. De plus, elle répète sans cesse une comptine macabre : « Je frappe, je lui tords le coup et je lui dis au revoir. ». Cette phrase est particulièrement choquante dans la bouche de cette si jeune enfant, d’apparence innocente.»

«LOST PERSONS AREA comporte néanmoins beaucoup d'éléments symboliques. Celui de l'eau par exemple, revient à plusieurs reprises dans le film, comme les larmes que Tessa ne peut faire couler. Le savon, thème récurent, a, lui aussi, une symbolique forte : l'autorité de la mère. Tessa le brisera de ses mains.
Les cailloux, présents tout au long du film, font de Tessa un Petit Poucet en quête d'identité, se raccrochant à ce qu'elle peut pour se construire et le plan rapide sur la confiture « Bonne maman » rappelle le paradoxe du film : « Même une mauvaise mère est une bonne maman »»

Romane Pressigny, Dorine Balluais, Lison Paitreaud
élèves de première spécialité histoire des arts (Lycée Jean Moulin d’Albertville)


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 Sujet du message: Re: Lost persons area, des avis contrastés
MessagePosté: Lun 14 Jan 2013 17:38 
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Une mise en scène symbolique :

«Des métaphores sont présentes dans le film notamment celle du robinet. Tessa met en route le robinet d’eau et se cale contre le mur ; signalement de tristesse ? Oui, car nous analyserons plus tard dans le film que Szabolcs fera exactement la même chose. Tristesse ? Regrets ? Au spectateur de décider.
La deuxième image que nous remarquons et celle du savon. Il y a un lien entre le fait que Szabolcs couche avec une prostituée et Tessa qui découpe un savon pour récupérer une grenouille qui se trouve dedans.»

Une comparaison possible avec Fish Tank d’Andréa Arnold?

« Une question reste ouverte cependant : est-ce que le film se prête à une comparaison possible avec Fish Tank d’Andréa Arnold ? En tout cas, les deux films traitent des thèmes similaires– la misère sociale, l’encerclement - et des personnages semblables.Tessa représente Mia ; elles sont aussi déboussolées l’une que l’autre.Leur destin est aussi comparable : une échappatoire représentée par un homme.»
Amélie Metge, élève de Première L spécialité histoire des arts (Lycée Jean Moulin Albertville).

Un titre évocateur
«Le titre n’est pas anodin, les personnages sont perdus, ainsi que les spectateurs qui sont troublés par cette situation qui nous semble bancale…»

Perrine Molliex, Perrine Lemoine, Angélique Tuaz


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