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 Sujet du message: [Arcs 2012] Biancanieves
MessagePosté: Mer 19 Déc 2012 11:03 
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Biancanieves, de Pablo Berger

Si vous avez eu en début d’année la malchance de vous égarer dans une salle de cinéma projetant la catastrophique grosse production Américaine Blanche-Neige et le Chasseur de Rupert Sanders ou une adaptation similaire de Tarsem Singh sortie à la même période, vous risquez d'avoir tendance à partir en courant en apprenant l'existence d'une nouvelle version du conte des frères Grimm : Biancanieves. Rassurez vous, cette réadaptation espagnole de Pablo Berger n’a rien à voir avec un énième blockbuster romantico-pathétique comme on a l'habitude d'en apercevoir sur les affiches et autres supports commerciaux.

L'histoire est ici abordée sous un angle original et intéressant : transposée en Espagne, la culture de ce pays devient alors un élément essentiel. L'histoire tourne en effet autour de la corrida, faisant du vieux roi père de Blanche-neige un célèbre torero accidenté et ainsi paralysé de tout le corps. Il transmet sa passion et son talent à sa fille, une blanche-neige nommée Carmencita bien plus charismatique que le personnage de Disney.

Ici pas de « Un jour mon prince viendra », « On rentre du boulot », « Miroir mon beau miroir ».... Pablo Berger fait du conte des frères Grimm un mélodrame gothique captivant dans lequel on retrouve tragique, beauté, humour, euphorie..................Gardant une esthétique du conte, le film effectue à l'occasion quelques références similaires avec le Petit Poucet, Cendrillon, le Petit chaperon Rouge... Plus cinématographiquement, on pourra également penser à l'expressionnisme, au cinéma russe d'Eisenstein et Vertov, aux films d'Alfred Hitchcock ou encore à Freaks de Tod Browning (1932)...
Certaines ressemblances avec d'anciens films et la spécificité de Biancanieves sont dues en particulier au choix d'utiliser une esthétique du cinéma muet. Combinant cette esthétique dite ancienne et une qualité d'images et mouvements de caméra nécessitant des technologies modernes, le réalisateur crée une qualité spéciale et peu commune. Pablo Berger offre ainsi aux spectateurs de superbes images comme on en voit rarement : maîtrisant un magnifique noir et blanc, usant de jeux d'ombres, plaçant sa caméra dans des angles aussi inattendus qu'exceptionnels tout en lui faisant faire des mouvements surprenants. Le travail de l'image apparaît d'autant plus excellent par un montage virtuose comme on a plus beaucoup l'occasion d'en voir, un montage hitchcockien qui donne aux scènes une efficacité et un charme certain.
Par le muet, le travail du son est fondamentalement essentiel . Un travail plus que réussi par Alfonso Vilallonga qui signe une magnifique musique de film : entre burlesque, musique traditionnelle espagnole, dissonances angoissantes... Le compositeur évite soigneusement de tomber dans une répétition lassante de musiques seulement filmiques, particulièrement en utilisant des fausses prises de son directe. On appréciera donc des séquences de flamenco et celles dans lesquelles la musique est montrée comme diffusée par un vieux phonographe. Excellent et varié, le travail du son égale celui de l'image.
Les acteurs excellent par leur expressivité nécessaire au cinéma muet, la corrida et le flamenco donnent l'occasion d'utiliser de magnifiques costumes...Si Biancanieves pourra, en tant que film muet, être comparé à The Artist, il prouve qu'il est possible de faire bien mieux que Michel Hazanavicius et mérite bien plus de succès.
Biancanieves est un film comme on a plus l'habitude d'en voir, Pablo Berger lui donne son propre style. L'utilisation du muet et du noir et blanc lui donne une esthétique exceptionnelle, qui ne cherche pas seulement à ressembler à d'anciens films mais qui se donne du renouveau et une modernité susceptible d'influencer des productions à venir. Capable de plaire autant aux cinéphiles qu'au grand public, Biancanieves marquera les esprits.


Aurélia Thouret
élève de Terminale spécialité cinéma (Lycée Louis Armand Chambéry)


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 Sujet du message: Re: [Arcs 2012] Biancanieves
MessagePosté: Lun 7 Jan 2013 09:59 
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Blanche-neige au pays des toréadors

De nos jours où les effets spéciaux et les sons puissants prennent souvent une place centrale dans le cinéma, Blancanieves de Pablo Berger surprend par sa créativité artistique. Dans la lignée de The Artist, cette réécriture de Blanche-Neige mélange deux styles cinématographique : ancien et moderne. Héritage des débuts du cinéma, le noir et blanc et le muet sont ici à l'honneur. Néanmoins il ne faudrait pas négliger la modernité du film : une lumière très travaillée et une relecture d'un célèbre conte.

Une énième reprise des contes de Grimm aurait pu être risquée mais P. Berger réussit son pari en nous replongeant dans nos souvenirs d'enfance. Cependant, le film apparaît plus cruel, en mélangeant différents contes. La marâtre tue tous ses compagnons, serait-ce une référence féminisée à Barbe-Bleue qui tua ses femmes trop gênantes ? Carmencita, (ou Blanche-Neige enfant) est réduite au rôle de servante aux ordres de sa belle-mère comme Cendrillon. La relation père-fille n'est pas sans rappeler la Belle et la Bête. Le père tétraplégique est dans son fauteuil quand la petite le fait tourner sur la chanson de sa maman morte en couches. On se souvient tous de la scène de danse dans le grand salon du château de la Bête dans le film de Walt Disney.

Cela dit, le principal atout du film est son esthétique travaillée. En effet, la beauté des détails (visages mis en valeur par la lumière et vêtements ouvragés) porte le film. Dans la scène d'ouverture, la caméra suit avec précision et insistance les moindres broderies de l'habit de lumière du toréador (père de Carmencita). Cette scène nous plonge directement dans la corrida au cœur de l'Espagne et elle insiste sur l'importance de la transmission du costume du père à sa fille.

L'Espagne qui n'est pas que représentée par l’esthétique mais est aussi annoncée par la musique folklorique présente tout le long du film : le Flamenco. Mais cette musique n'est pas là pour rien, elle est étroitement liée à la fatalité. Carmencita fête sa communion et pour lui faire plaisir, sa grand-mère, danse avec elle sur un air de Carmen, la maman de la petite autrefois danseuse et chanteuse réputée. À la fin de cette chanson, la grand mère meurt. On l'entend presque crier à travers la musique alors que le film est muet. Tout se passe comme si la musique exprimait les paroles et pensées des personnages.

Blancanieves est donc un des nouveaux petit bijoux du noir et blanc qui nous plonge avec plaisir dans l'Espagne des années 20.

Rosa Reinhardt et Axelle Thevenin
élèves de Première L, spécialité Histoire des arts, Lycée Jean Moulin, Albertville.


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 Sujet du message: Re: [Arcs 2012] Biancanieves
MessagePosté: Lun 7 Jan 2013 10:00 
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Blancanieves : Il était deux fois...

Pablo Berger, le réalisateur de Blancanieves, nous livre une réécriture d'un célèbre conte des frère Grimm : Blanche-Neige. Cependant, l'action se passe à Séville en Espagne dans les années 20 et l'histoire tourne autour des corridas et des toreros. Ce contexte historique entraîne invariablement des modifications chez les personnages principaux.

En effet, le père de Blanche-neige, quasi-inexistant dans le conte d'origine, prend dans cette histoire une place importante. Torero célèbre, son second mariage avec une infirmière met en place l'intrigue. Le caractère extravagant, dominateur et cruel de cette dernière se situe à l'opposé de ce qu'a pu être la mère de Carmencita (Blancanieves). C'est pour cela que Blanche-neige cherche à s'échapper de sa prison : la maison de son père où elle vit depuis la mort de sa grand-mère. Lors de l'une de ses escapades, elle frôle la mort et croise le chemin de six nains, troupe de mini-toreros en puissance.

Présenté au festival européen des Arcs de 2012, ce film nous a permis de comprendre l’importance de la musique dans une production cinématographique mais également d’appréhender un peu mieux le concept de réécriture.

Maëly Chevrot, Pierre Luminet, Tiffany Laurent et Amélie Metge
élèves de Première L, spécialité Histoire des arts, Lycée Jean Moulin, Albertville.


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 Sujet du message: Re: [Arcs 2012] Biancanieves
MessagePosté: Lun 7 Jan 2013 10:01 
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Le format de l'image et le noir et blanc sont justifiés car cela apporte au film une esthétique proche de l'époque 1920 à laquelle se déroule l'histoire. Les lumières et les couleurs sont très travaillées ce qui rend le film agréable à voir. Le côté gothique du film appuie les sentiments des personnages : le sombre reflète la cruauté ou la tristesse et le clair, la joie ou la beauté. Par moment des images subliminales comme une tête de mort, expliquent la suite du film. Au niveau des plans ou du montage, Blancanieves est plein de références à Hitchcock (le personnage de la marâtre ) ou encore Dziga Vertov (le plan du début du film dans la rue notamment, fait référence à l'Homme à la caméra).

Ylan Gandolfo
élève de Terminale L, spécialité cinéma, Lycée Louis Armand, Chambéry.


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 Sujet du message: Re: [Arcs 2012] Biancanieves
MessagePosté: Lun 7 Jan 2013 10:03 
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Le clin d’œil fait aux contes est appuyé. On perçoit des références à de nombreux contes. Tout d'abord le titre de Blancanieves (Blanche-Neige) reprend le conte Blanche Neige et les Sept Nains. Ce film présente les éléments traditionnels de l'histoire comme les nains, la pomme, la méchante belle-mère... Cependant, il s'autorise des écarts, des originalités notamment en plaçant l'action dans une Espagne des années 20. Il fait référence à d'autres contes tels que La Belle et la Bête à travers le moment où Carmencita a l'interdiction absolue de monter à l'étage. On trouve également des références à Cendrillon et sa fameuse belle mère qui la considère comme une esclave. Carmencita a une cave en guise de chambre et n'a pas le droit aux contacts extérieurs. Pour finir, on peut aussi faire le lien avec la Belle au Bois Dormant qui se termine de la même façon que notre film à une exception près : ce n'est pas le prince qui l'embrasse et la réveille mais un nain qui, par son baiser lui décroche une larme.

Le rôle de la musique est très important. La peur, la tristesse, la joie, le rire, le deuil, la surprise..., elle rend compte de tous ces sentiments à la perfection : elle remplace les paroles. Les scènes de suspens sont accompagnées par une musique très rythmée qui force le spectateur à ressentir la peur. Par exemple, lorsque son fidèle ami le coq disparaît et que Carmencita part à sa recherche, la musique représente l'angoisse de la petite fille. Dans ces moments-là, la musique s'accélère dans un rythme très mouvementé. Par exemple, lorsque sa grand-mère danse un flamenco endiablé, la musique traduit son rythme cardiaque qui s'emballe jusqu'à sa mort.

Les spectateurs seront agréablement surpris par ce long métrage émouvant. Un film en noir et blanc et muet peut créer une petite appréhension mais Pablo Berger, le réalisateur, a su relever ce défi avec brio.

Jénia Soukiassian et Audrey Frédéric
élèves de Première L, spécialité Histoire des arts, Lycée Jean Moulin, Albertville.


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 Sujet du message: Re: [Arcs 2012] Biancanieves
MessagePosté: Lun 7 Jan 2013 10:04 
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Blancanieves : quand le septième art adopte à merveille les septs nains.

Nous devons remercier Kiko de la Rica pour son travail de l'image, mélange du savoir-faire des films muets et des techniques actuelles. En effet, le noir et blanc, somptueux, nous rappelle le monde machiavélique des contes et insiste sur l'expression du visage des acteurs. Le travail de l'ombre (piqûre de rappel aux contes) est magnifique.

De plus, les caméras fixes composent des "images tableaux", véritables oeuvres visuelles que l'on peut notamment retrouver dans Sparrows (de William Beaudine, 1926), chef d'oeuvre cinématographique déjà très moderne pour son époque.

Laura Paillès, Élisa Lapierre, Maéva Lelièvre
élèves de Terminale L, spécialité cinéma, Lycée Louis Armand, Chambéry.


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 Sujet du message: Re: [Arcs 2012] Biancanieves
MessagePosté: Lun 7 Jan 2013 10:04 
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Ce conte de fées est traité de manière extrêmement dramatique. On est bien loin de la fin « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Cette version est beaucoup plus tragique et s'adresse à un public très adulte. Les sujets traités sont durs, on peut y trouver les thèmes de l'amour impossible, de la cupidité, de la prostitution... C'est un film fort qui nous touche en abordant des thèmes fondamentaux comme les passions, la force des liens familiaux, la mort...

Marianne Beaumont
membre du Jury jeune
élève du Lycée Saint-Exupéry, Bourg Saint-Maurice.


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 Sujet du message: Re: [Arcs 2012] Biancanieves
MessagePosté: Lun 7 Jan 2013 10:05 
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L'histoire, revisite le conte de Blanche-Neige mais on relève des clins d’œil à d'autre contes dont Cendrillon où le petit Poucet. Cette volonté du réalisateur donne un ensemble assez caricatural dans la mesure où lorsque un personnage mime une émotion, cette émotion est décrite parfois inutilement par un texte et renforcé encore par une musique.

Malgré cet effet prévisible des actions et sentiments des personnages, on trouve des détournements assez amusants du conte. Notons par exemple que les nains sont transformés en toréadors parcourant les routes d'Espagne : l'un d'eux est travesti, un autre est assez jaloux pour vouloir tuer Blanche-Neige et un autre tombe amoureux de celle-ci. Cela amène une distance considérable avec le conte d'origine.

Perrine Freyçon
membre du Jury jeune
élève du Lycée Saint-Exupéry, Bourg Saint-Maurice.


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