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 Sujet du message: [Cannes 2012] Casa Nostra
MessagePosté: Dim 15 Juil 2012 09:33 
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Inscription: Mar 29 Déc 2009 11:31
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Casa Nostra, de Nathan Nicholovitch

Casa Nostra, ou réconciliation

Une redécouverte de la famille à travers l'histoire de ces trois frères et sœurs que sont Ben, Hélène et Mathilde. Après la mort de leur père, ils décident de privilégier la famille, resserrer les liens oubliés et revenir à la source : notre maison. « Notre maison » est en effet une traduction de Casa Nostra qui évoque « cosa nostra »: patrimoine commun. Nous avons en effet tout au long du film un patrimoine familial illustré par le sexe féminin de l'affiche, qui rappelle la naissance, l'origine des personnages.

C'est donc à la mort du père que la maison familiale revit.
Les trois enfants évoluent chacun de leur côté jusqu'à ce que l'aînée, Hélène, de peur d'affronter seule sa mère, vient chercher de l'aide auprès de sa petite sœur. Ensemble, elles iront chercher Ben et se retrouvent tous les trois le temps de réapprendre à se connaître avant de rejoindre le cocon familial où la dépouille du père attend ses adieux. Les personnages, plus que crédibles, nous emmènent dans une vie banale dans laquelle tout le monde peut se retrouver. L'émotion qu'ils nous transmettent, leur jeu naturel, leurs attentes évoquent un quotidien, tel un film documentaire. De plus, l'origine italienne de la famille permet une diversité des langues. Le son est travaillé de manière à accentuer les bruits d'ambiance, les respirations... pour mettre en valeur l'émotion des personnages à défaut des paroles, à l'image de ce lourd silence qui pèse sur la famille depuis des années. Le silence du père mais aussi ces échanges oubliés entre frères et sœurs. Certaines scènes mettent en avant l'attente de la maman, impatiente de revoir ses enfants. Leur passé nous est inconnu mais l'on pénètre dans la psychologie de chacun des personnages pour aboutir à cette intimité commune, cette scène finale, ces retrouvailles. Ce passé devient nostalgique après cette prise de conscience commune, lorsque les frère et soeurs se rendent compte qu'ils s'aiment, qu'ils forment une famille. Des scènes ponctuelles vécues au moment présent, comme la discussion entre deux adolescents sur leur vie sentimentale ou bien les jeux d'enfants entre ces adultes retombés subitement dans leurs souvenirs, ne font qu'évoquer ce passé, sur lequel l'histoire est pourtant construite. Ce passé est aussi évoqué par la lettre du père, dans laquelle il se livre avant de rendre son dernier souffle. Ces confessions forment le fil conducteur du film. Le fils, en écrivant une pièce de théâtre, permet à la fois de rendre hommage à son père mais aussi de lui donner la parole.

En ce qui concerne l'aspect du film, le noir et blanc présente ce long métrage comme un album de famille que l'on feuillette. De page en page, il y a alternance entre passé et présent. Cette confusion crée quelques décalages chronologiques, notamment Ben qui tape à la machine à écrire, les cabines téléphoniques ou même leur vieille voiture mais aussi le téléphone portable. Le contexte vacille comme les personnages entre souvenirs et réalité. Le format 4/3 dresse ce portrait familial donnant l'impression au spectateur d'être ivre, tout comme les acteurs. On prend alors conscience que le format 16/9, plus allongé, leur permettrait de s'évader dans un espace plus vaste. Les personnages secondaires sortent de ce format, comme éloignés de cette histoire familiale qui prend le dessus sur les vies de ces trois adultes. Le montage présente en premier lieu la scène de retrouvailles en hommage au père décédé. Puis nous faisons connaissance avec chacun des enfants devenus adultes et ayant pris des chemins différents jusqu'à ce qu'ils rentrent ensemble retrouver leur mère.

Ce film est à première vue qu'une fiction familiale mais après analyse, il se révèle être une véritable réflexion sur la manière dont sont liés les Hommes. Ce long métrage nous dresse de manière très intéressante et individuellement chaque portrait des personnages pour former ensuite la photo de famille.

Janot Ophélie
Macheprin Lou
Mona Trani
Lelièvre Maéva
, élèves de Première spécialité cinéma du Lycée Louis-Armand


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 Sujet du message: Re: [Cannes 2012] Casa Nostra,
MessagePosté: Dim 15 Juil 2012 09:54 
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Inscription: Mar 29 Déc 2009 11:31
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Localisation: Grenoble
Casa Nostra de Nathan Nicholovitch

Hélène, mère de famille dont le couple vit une période difficile. Mathilde, femme indépendante qui enquête sur la condition féminine et Ben, écrivain, se trouvent réunis par le décès de leur père. Ils décident de rentrer chez leur mère pour faire le deuil. Pendant ce voyage, ils vont se retrouver et partager leurs problèmes par rapport à leurs vies, mais en même temps, ils vont revenir sur leur enfance et leurs relations avec leurs parents.

Dans ce film, chaque personnage est abordé individuellement. Nous avons le temps de connaître leur personnalité et leurs caractères. Les relations humaines sont difficiles à traiter, il faut du temps pour rentrer dans l’univers de cette famille. Le temps peut paraitre long si on ne se sent pas concerné par les histoires. Dans les séquences dédiées aux personnages, nous pouvons comprendre ce à quoi ils pensent. Ben, par exemple écrit une pièce de théâtre. Le protagoniste de sa pièce est son père. Ben imagine ce que son père lui raconterait, son point de vue. Ben semble insensible à la mort de son père mais implicitement, avec cette pièce qu’il écrit, Ben s’intéresse tout de même aux sentiments de son père, aux rapports avec sa femme, et avec ses enfants.

La mère joue un rôle important dans l’histoire, elle permet de comprendre pourquoi Maurice, son mari, n’était pas proche de ses enfants. Pourquoi il a été d’une certaine façon, absent pendant leur enfance. Pour la mère, Maurice n’existait pas vraiment. Quand il repose sur le lit, elle lui dit : « Que tu respires ou pas, il n’y a pas de différence. Tu n’avais pas d’existence ».

Le format (quatre-tiers inversé) du film permet de se concentrer sur les personnages, il donne de la force au rôle de l’humain dans l’histoire. L’intrigue du film repose sur les sentiments, les relations et les expériences de cette fratrie. Le format permet d’oublier les objets sans importance, une histoire atemporelle est donc établie. Les relations humaines sont toujours les mêmes, peu importe l’époque.

Nous pouvons dire que ce film est divisé en quatre parties, quatre chapitres qui s’entremêlent. Chaque chapitre correspond à la vie de chaque personnage et le dernier chapitre est l’aboutissement de ces histoires, de cet épisode qui est la mort de leur père. Cet épisode de leur vie, va permettre aussi à cette fratrie de se redécouvrir et de partager a nouveau des moments de complicité enfantine. Par exemple, les trois frères et sœurs chahutent dans l’eau comme lorsqu’ ils étaient enfants. C’est une scène de bonheur simple retrouvé.

Casa Nostra est un témoignage d’une vie, de plusieurs existences. Il y a un côté documentaire et une certaine simplicité de la caméra pour accentuer l’effet de réel. Il repose aussi sur un jeu d’acteur assez naturel bien que parfois maladroit. Quand ils se trouvent au bar pour la première fois et qu’ils apprennent que leur père est mort, nous avons l’impression que les larmes ont du mal à couler, les acteurs ne sont pas crédibles. Ce sont des personnages qui restent soudés entre eux et qui peuvent laisser le spectateur hermétique face à leurs problèmes.

Dans ce long métrage, il n’y a pas de bande de son intégré. Le son reste intérieur à l’image. Ceci accentue son côté réaliste. Nous pouvons le voir quand ils reprennent la chanson Marlene de Noir Désir au bar. Mathilde chante accompagnée d’une guitare.

C’est une chronique familiale dont le réalisme fait écho à la vie de tous. Nous pouvons nous sentir concernés par cette histoire ou rester froids face à cet épisode marquant de leur vie. Au final, tout dépend de l’approche qu’on en fait.

À la fin, les frères et sœurs se retrouvent réunis avec le reste de la famille face à un film retrouvé dans la cave. Le spectateur suppose que c’est un film où Maurice est présent. La caméra nous laisse découvrir les expressions de chaque personnage, dans leur visage se reflètent leurs émotions. Nous sommes dans une mise en abîme qui reste assez fermé. Ce film ne concerne que les membres de la famille, ce qui évite que le spectateur soit placé en tant que voyeur. L’intimité de la famille est refusée au spectateur ; ce qui peut créer une certaine frustration.

Juliette Naviaux
Dahrine Rouabhi
Zoe Villalba
, élèves de Première spécialité cinéma du Lycée Louis-Armand


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