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 Sujet du message: [Cannes 2012] Ai To Makoto
MessagePosté: Dim 15 Juil 2012 09:48 
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Inscription: Mar 29 Déc 2009 11:31
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Ai To Makoto de Takeshi Miike

Takeshi Miike a toujours eu la réputation de ne pas faire dans la dentelle. Entre l'ultra-gore et kitsch Ichi The Killer où encore le malsain Audition, le réalisateur japonais s'est fait un petit nom chez les amateurs de cinéma extrême. Alors quand on apprend que son nouveau projet est un manga adapté en comédie musicale, il y a de quoi être curieux. Projeté à l'occasion du 65ème festival de Cannes, nous avons pu découvrir ce nouvel OVNI cinématographique.

Un brun ténébreux tabassant des gangsters en chantant sur de la pop japonaise devant une horde d'écolières en minijupe. Voilà qui résume parfaitement ce film. Après une jolie introduction en dessin animé, nous découvrons l'histoire basique : une jeune bourgeoise japonaise tombe follement amoureuse d'un voyou, elle décide alors de le remettre dans le bon chemin en lui offrant de l'argent et une inscription dans une école privée. Mais tout ne se déroulera pas comme prévu, et la pauvre fille va vite se retrouver dans un pétrin inimaginable. Allergiques à la niaiserie s'abstenir.

Avec Ai To Makoto, Takeshi Miike ne déroge pas à sa réputation, et nous offre un long-métrage totalement déjanté. L'esthétique manga est très travaillée et offre au film une véritable identité. La bande originale, de la variété japonaise, ne plaira sûrement pas à tout le monde, mais les scènes musicales totalement kitsch n'ont pas manqué d'arracher de nombreux fous rires dans la salle. Les nombreuses scènes de combat à main nue sont très spectaculaires de par leur violence mais surtout du nombre d'acteurs prenant part à la bagarre, dommage que durant ces scènes le cadrage soit brouillon et rende parfois la compréhension de la scène difficile. D'ailleurs, ses séquences de combat ont beau être nombreuses, elles n'en restent pas moins un peu trop répétitives. On retiendra un court passage qui nous aura impressionné, où le héros casse la figure de plusieurs voyous entièrement au ralenti. Tout le long du film, le spectateur sera impressionné par la mise en scène et l'esthétique, mais cette débauche d'effets spéciaux ne fera malheureusement pas oublier la longueur du film (plus de deux heures... ).

Vous l'aurez compris, Ai To Makoto n'est pas un film intellectuel. Ici tout est mis en œuvre pour distraire la famille japonaise : de la bagarre pour le fils, des chansons pour la fille, une histoire d'amour pour la mère et des jolies filles pour le père. Car en effet, ce long-métrage n'a sûrement pas été pensé pour un public occidental, même s'il on pourrait penser que Ai To Makoto fait figure d'OVNI parmi les films du festival de Cannes, il ne faut pas oublier qu'au Japon les adaptations de manga en long-métrage pullulent, et rencontrent souvent un franc-succès. Mais cela n'empêchera sûrement pas n'importe quel spectateur curieux et amateur de gros divertissement d'apprécier le film.

Léo Miaud
Arno Pimenta
Baptiste Blanchard
Maxime Decroo
Clément Vallon
, élèves de Première spécialité cinéma du Lycée Louis-Armand


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 Sujet du message: Re: [Cannes 2012] Ai To Makoto
MessagePosté: Dim 15 Juil 2012 09:51 
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Inscription: Mar 29 Déc 2009 11:31
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Localisation: Grenoble
Ai To Makoto de Takeshi Miike

Une jeune bourgeoise se fait sauver de justesse d’un accident de ski par un jeune garçon nommé Makoto, duquel elle tombe éperdument amoureuse. Onze ans plus tard elle le retrouve, et essaye à tout prix de l’aider à se sortir de la misère. Malheureusement Makoto n’éprouve rien pour elle. Elle continue cependant à vouloir lui venir en aide. Makoto est à la recherche de sa mère, de laquelle il veut se venger de son abandon durant son enfance.

S’inspirant d’un manga japonais, le film pousse à l’extrême les codes du genre. C’est une volonté du réalisateur. Le film oscille entre comédie et tragédie.
L’intrigue est basée sur un triangle amoureux. Un lycéen de la même classe sociale qu’Ai, l’aime, mais celle-ci n’a d’yeux que pour Makoto. Lui, au contraire ne porte aucun intérêt à cette dernière. Ces personnages s’opposent à travers leurs différences sociales. Les deux premiers sont des bourgeois surdoués, tandis que Makoto, lui, est un orphelin pauvre et violent. On retrouve l’inspiration de Roméo et Juliette, de l’amour impossible qui rompt les codes imposés par la société. Ce mythe est cependant ridiculisé, notamment à travers les scènes de violence entre Ai et Makoto, mais apporte tout de même un aspect tragique au film. De plus, l’abandon de ce dernier par ses parents, fait de lui un garçon avec un esprit de revanche, qui n’hésite pas à employer tous les moyens possibles pour arriver à ses fins. Par exemple, il emploie le chantage envers les parents d’Ai en leur montrant des photos de celle-ci en train de travailler comme serveuse afin d’obtenir une somme d’argent importante en échange de son silence.

Les chansons font de ce film une sorte de comédie musicale qui fait penser à un Bollywood.
La culture asiatique est tournée en dérision par l’exagération. Par exemple, dans la première scène : Nous nous trouvons à Tokyo, Ai est avec ces amies du lycée et nous voyons arriver un groupe de « bad boys » japonais, des yakusas qui provoquent Makoto. C’est la rencontre typique : Makoto est le plus fort, il bat les autres garçons et Ai tombe sous le charme. Elle réalise aussi que c’est le héros de son enfance, son prince charmant.
Les japonais aiment les paillettes et le spectacle, le côté comédie musicale de ce film correspond bien à cet aspect. Nous en tant que spectateur occidentaux, on rit surtout pendant les chansons et les chorégraphies ridicules, elles représentent les stéréotypes nippons.

Ai To Makoto joue aussi avec l’aspect manga, un autre stéréotype japonais, on le retrouve avec les costumes des acteurs, comme celui de Makoto, qui ne change pas durant tout le film, ainsi qu’à travers des couleurs très saturés et des plans semblants à des dessins.
Le film commence par un dessin d’enfant, passe ensuite au souvenir d’enfance d’Ai représenté sous forme de manga. Nous pouvons penser à un conte car à la fin, l’histoire est bouclée de la même façon : nous avons la fin du souvenir d’Ai et ensuite à un dessin d’enfant qui montre la terre et la lune. Ce dernier plan fait référence au surnom de Makoto dans le film : «L’Homme de la Lune ».

Nous avons aussi un traitement du son très soigné. Nous pouvons citer le moment de bagarre au lycée de Makoto, on entend même les flammes qui brûlent autour des personnages. Dans un manga, tous les détails sont soignés même les choses sans importance. La bande son s’ajoute aussi à ce côté.

Pour le spectateur, ce film est une grande bouffé d’air, un moment d’amusement qui en plus nous éblouie par la puissance des images avec les couleurs, les cadrages et aussi par la bande son. Avec une histoire « tragique », Takachi Miike nous permet d’apprécier le côté humoristique de celle-ci. Avec l’exagération des personnages, des stéréotypes et des chorégraphies très vivantes nous oublions la tragédie, c’est une dérision totale d’une histoire d’amour frustrée.

Anaëlle Seignol
Amandine Martin-Cocher
Zoe Villalba
, élèves de Première spécialité cinéma du Lycée Louis-Armand


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