Celui qui cherche la sagesse est un sage, celui qui croit l'avoir trouvée est un fou.  Sénèque
Philosophes à l'affiche
 
  bergson1.jpg   diderot1.jpg   platon1.jpg   wittgenstein1.jpg  

Ecrire au webmaster | Recommander | Version mobile


Recherche



Classes terminales
Ressources

Fermer Articles et mémoires

Fermer Coups de coeur

Fermer Docs audio et vidéo

Fermer Fiches de lecture

Fermer Présentation d'ouvrages

Divers

Fermer A propos du forum

Fermer Anciens éditoriaux

Fermer Formation continue

Fermer Humeurs

Fermer Informations officielles

Fermer Le coin des prépas

Fermer Manifestations diverses

Fermer Programmes

Fermer Tice

Fermer Tricentenaire naissance Rousseau

Ebooks de philo
Bases de données
Philo en vidéo
Connexion...
 Liste des membres Membres : 158

Votre pseudo :

Mot de passe :

[ Mot de passe perdu ? ]


[ Devenir membre ]


Membre en ligne :  Membre en ligne :
Anonymes en ligne :  Anonymes en ligne : 2

Total visites Total visites: 0  
Fils RSS
aristote.jpgAntiquité et moyen-âge - Aristote (-384 -322)

Éléments de biographie

Philosophe grec, né à Stagire en 384 av. J.-C. et mort à Chalcis en 322 av. J.-C. Fils d'un médecin du roi de Macédoine, il sera le précepteur d'Alexandre le Grand.

Élève de Platon à l'Académie, il fonde par la suite sa propre école, le Lycée. Il laisse une oeuvre encyclopédique qui ne sera publiée qu'en 60 av. J.-C. et fera l'objet de nombreux commentaires dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. La totalité de son oeuvre est traduite en latin au XIIIe siècle à partir de l'arabe (la plupart des textes grecs sont introuvables).

Thomas d'Aquin fera de l'aristotélisme la doctrine officielle de l'Église alors que la pensée moderne à partir de Descartes s'établira contre elle.

 


 

Thèmes majeurs

"La philosophie est fille de l'étonnement", dit Aristote (Métaphysique A, 2, 982 b 10)
La logique

Il n'y a de science, dit Aristote, que du général et du nécessaire. L'instrument (organon) de la science est le syllogisme, raisonnement qui permet, à partir de prémisses, de tirer une conclusion nécessaire. La généralité de la déduction est assurée par le fait que le syllogisme tire sa validité de sa seule forme, indépendamment du contenu. Aristote est le fondateur de la logique formelle.
La forme " classique " du syllogisme est la suivante :

Tout A est B
Or tout C est A
Donc tout C est B

Exemple :

Tous les hommes sont mortels.
Or tous les grecs sont des hommes.
Donc, tous les grecs sont mortels.

Aristote dégage les formes de syllogismes valides et les règles de raisonnement correspondantes.
prof2.png Connaissance et démonstration

 


 


 La métaphysique

Platon séparait le monde sensible (les apparences) du monde intelligible (les idées) et faisait du monde intelligible la seule réalité, fondement de toute vérité. Mais pour Aristote, une telle séparation enlève toute intelligibilité au monde. Pour lui, l'intelligibilité est présente en chaque être. Le monde est constitué de substances. La substance peut être soit la matière, soit la forme, soit un composé des deux. La forme est ce qui, en chaque être, est général, donc intelligible. Par exemple la forme d'un chien est ce qui est commun à tout chien. La matière est ce qui est particulier, donc inconnaissable.

Il y aurait une hiérarchie des êtres, de la matière informelle inconnaissable à la forme pure parfaitement intelligible (Dieu). Cette hiérarchie justifie ce qu'Aristote appelle l'esclavage par nature.
A cette hiérarchie des êtres correspondrait une hiérarchie des mondes. Le monde sublunaire, avec au centre la terre, serait le monde changeant des composés de matière et de forme; le monde supralunaire serait le monde quasi immobile des êtres presque immatériels, avec, à sa périphérie, Dieu comme forme pure.

Aristote définit la "philosophie première" (la première des sciences) comme la science de l'Être en tant qu'Être. L'Être peut se dire selon différentes classes de prédicats: la substance (Socrate est un homme), la qualité (Socrate est laid), le lieu (Socrate est sur l'agora), etc., bref selon toutes les catégories dont une liste exhaustive ne nous est jamais donnée. Ce sont de ces catégories que doit traiter cette science universelle, science des formes, qui sera nommée "métaphysique" par l'éditeur d'Aristote.

Liste des dix catégories fondamentales : substance, quantité, qualité, relation, lieu, temps, position, possession, action, passion.

 


 


La physique

La physique est la "philosophie seconde". C'est à la fois une théorie du mouvement et une cosmologie.

Le mouvement est défini comme l'effet d'une imperfection : c'est l'être qui cherche à se réaliser (à actualiser son potentiel). Un monde parfaitement ordonné serait totalement au repos. Le mouvement circulaire, parce qu'il ramène toujours au même point, serait le moins imparfait des mouvements (le plus proche de l'immobilité). Tout mouvement doit avoir une cause. Aristote distingue quatre types de cause : efficiente, matérielle, formelle et finale.
Exemple, une statue :

  • sa cause efficiente est le sculpteur;
  • sa cause matérielle est le matériau utilisé (bronze, marbre ...);
  • sa cause formelle est ce qu'elle représente;
  • sa cause finale est le but pour lequel elle a été sculptée.

Le monde (cosmos) est un ensemble clos et fini de sphères hétérogènes imbriquées. Au centre, se trouve la terre, le monde d'en bas, sublunaire (en dessous de la lune), la plus imparfaite des sphères parce que la plus matérielle, la moins formelle. Les êtres terrestres sont soumis à la corruption et au mouvement. Le monde céleste, supralunaire (au dessus de la lune), est au contraire incorruptible et soumis au seul mouvement circulaire. La dernière sphère du monde supralunaire est incorruptible et immobile. C'est la sphère du divin.
Les corps ont des lieux dans le cosmos correspondant à leur nature : le centre du monde pour les corps lourds; le ciel pour les corps légers. Tout corps tend (cause finale) à rejoindre son lieu naturel. La cause finale est donc la première cause du mouvement dans un monde désordonné dans lequel les êtres ne sont pas "à leur place".

La physique moderne devra, pour s'imposer, remplacer les causes finales par les seules causes efficientes et remplacer la conception d'un cosmos fini, clos et hétérogène par celle d'un univers infini, ouvert et homogène.

Enfin, la physique d'Aristote se complète par une biologie et une psychologie. Un être vivant possède une âme qui est le principe de son organisation. Il y a une hiérarchie des vivants selon la nature de leur âme. Les plantes ont une âme végétative, les animaux, une âme sensitive, et les hommes une âme rationnelle.

Ainsi se forme la totalité du savoir humain, systématique et concret. Toute la modernité d'Aristote tient dans son effort pour joindre savoir exhaustif et analyse expérimentale.
 

 


 


L'Ethique

La doctrine d'Aristote comprend également un versant pratique (Éthique à Nicomaque). Toute activité tend vers un bien qui est sa fin, mais, compte tenu de la diversité des activités, les fins diffèrent. La fin de la médecine est la santé, la fin de la construction navale est le vaisseau etc. Quelle est la fin dernière de l'homme par rapport à laquelle toutes les autres fins ne seraient que des moyens? Pour Aristote c'est le bonheur. Le but de l'être humain n'est pas de vivre, mais de bien vivre. Or, vivre bien, pour un être, c'est vivre selon sa nature. La nature de l'être humain étant d'être raisonnable, sera heureux celui qui pourra vivre selon la raison.
Celui qui mène une vie raisonnable est heureux : il se suffit à lui-même et il ne lui manque rien. Mais contrairement aux stoïciens, Aristote ne croit pas que cet état de satisfaction ne dépende que de la volonté individuelle. Les circonstances extérieures jouent aussi un rôle : celui qui est pauvre, laid et malade ne peut être ni complètement heureux, ni tout à fait vertueux.

La vertu est quelque chose qui s'acquiert par la volonté et l'habitude. Elle est caractérisée par le "juste milieu", compte tenu des circonstances.
Exemple : le courage est le juste milieu entre la lâcheté et la témérité. Mais ce qui est "lâche" ou "téméraire" dépend du contexte.

 


 


La politique

"L'homme est un animal politique", dit Aristote. La vie raisonnable n'est possible que dans une communauté juste et " le juste suppose des gens dont les rapports sont régis par la loi" ( Éthique à Nicomaque, Livre V, chapitre 10, 1134a 25-b7.)

Une communauté juste est comparable à un organisme dans lequel chaque organe contribue à sa façon au bon fonctionnement du tout. Cette conception conduit Aristote à défendre l'idée d'une inégalité naturelle des individus justifiant l'inégalité sociale de condition dans la cité.

L'être humain ne trouvant son épanouissement que dans ses rapports avec autrui, l'amitié (phylia), si elle n'est pas à proprement parler une vertu, ne va pas sans vertu et elle est, dit Aristote, coextensive de la justice : amitié et justice sont l'excellence des relations interhumaines.

 


 

Principales oeuvres

 


 

Pour en savoir plus

 

Article rédigé par Maryvonne Longeart, professeur de philosophie.


Date de création : 30/12/2004 @ 11:25
Dernière modification : 05/02/2014 @ 19:11
Catégorie : Antiquité et moyen-âge
Page lue 9593 fois

Imprimer l'article Imprimer l'article


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


^ Haut ^