Un Dieu prouvé ne serait pas Dieu, il ne serait qu'une chose dans le monde.  Jaspers
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logophilo.jpgConcours - Sujets des concours 2014

AGRÉGATION externe
 

Première composition
Durée 7h
La méthode

Deuxième composition sur programme
Durée 7h
L'origine de la négation

Troisième composition (histoire de la philosophie)
Durée 6h

Il n’est rien, rien que l’on puisse dire
différent de tout corps et sans rapport avec le vide,
rien qui semble révéler une troisième nature.
En effet, tout être devra posséder sa grandeur, vaste ou petite, qu’importe, pourvu qu’elle existe.
S’il est sensible au toucher même léger, infime, il viendra grandir le nombre des corps, accroître leur somme ; s’il est intangible et se laisse partout traverser, voilà évidemment l’espace libre nommé vide.
En outre, tout ce qui existera par soi-même agira et devra subir l’action d’autres agents ou laissera en soi les choses exister et se faire.
Mais rien ne peut être actif ou passif sans corps, ni fournir un lieu à moins d’être vacant et vide.
Donc, en plus du vide et des corps, il ne demeure au nombre des choses aucune autre nature qui tombe jamais sous nos sens ou qu’un esprit parvienne à découvrir par le raisonnement.
Car, sous les divers noms, tout se réfère à ces deux choses, comme propriété ou événement, tu le verras.
Est propriété ce qui ne saurait être détaché ou isolé sans entraîner une perte totale : le poids de la pierre, la chaleur du feu, la fluidité de l’eau, le caractère tangible de tous les corps, intangible du vide.
Au contraire, esclavage, pauvreté et richesse, liberté, guerre, concorde, et tous les autres faits dont le va-et-vient laisse la nature intacte, sont justement nommés chez nous « événements ».
Ainsi du temps : il n’a pas d’existence propre.
C’est à partir des choses que naît le sentiment de ce qui est achevé pour toujours, réellement présent ou encore à venir.
Personne, il faut l’admettre, n’a le sentiment du temps en soi, abstrait du mouvement ou du paisible repos des choses.
Mais, quand certains évoquent l’enlèvement d’Hélène ou la défaite des peuples troyens, prenons garde d’être forcés d’admettre leur existence propre parce que le passé irrévocable a supprimé les générations pour qui ce fut un événement.
Or, tout ce qui est révolu peut être dit événement de la terre ou des régions de l’espace.
Car enfin, sans la matière des choses,
sans le lieu et l’espace où elles s’accomplissent,
jamais le feu d’un amour inspiré par la beauté d’Hélène
n’eût grandi au fond du cœur phrygien de Pâris,
attisant les combats fameux d’une guerre sauvage,
jamais, dans la nuit perfide, le cheval de bois
n’eût enfanté des Grecs et embrasé Pergame.
Tu peux donc voir que les faits, contrairement aux corps,
n’ont jamais de réalité ni d’être propre
et qu’ils n’existent pas non plus à la manière du vide ;
le nom le plus juste que tu puisses leur donner
est celui d’événements des corps et de l’espace où tout s’accomplit.
Lucrèce : De la nature, Chant 1, vers 430-482. Traduction J. Kany-Turpin.

AGRÉGATION interne


Première épreuve : explication de texte
Durée 6h30

Le candidat a le choix entre les deux textes suivants :

Texte n° 1

La société a pour substrat l'ensemble des individus associés. Le système qu'ils forment en s'unissant et qui varie suivant leur disposition sur la surface du territoire, la nature et le nombre des voies de communication, constitue la base sur laquelle s'élève la vie sociale. Les représentations qui en sont la trame se dégagent des relations qui s'établissent entre les individus ainsi combinés ou entre les groupes secondaires qui s'intercalent entre l'individu et la société totale. Or si l'on ne voit rien d'extraordinaire à ce que les représentations individuelles, produites par les actions et les réactions échangées entre les éléments nerveux, ne soient pas inhérentes à ces éléments, qu'y a-t-il de surprenant à ce que les représentations collectives, produites par les actions et les réactions échangées entre les consciences élémentaires dont est faite la société, ne dérivent pas directement de ces dernières et, par suite, les débordent ? Le rapport qui, dans la conception, unit le substrat social à la vie sociale est de tous points analogue à celui qu'on doit admettre entre le substrat physiologique et la vie psychique des individus, si l'on ne veut pas nier toute psychologie proprement dite. Les mêmes conséquences doivent donc se produire de part et d'autre. L'indépendance, l'extériorité relative des faits sociaux par rapport aux individus est même plus immédiatement apparente que celle des faits mentaux par rapport aux cellules cérébrales ; car les premiers ou, du moins, les plus importants d'entre eux, portent, d'une manière visible, la marque de leur origine. En effet, si l'on peut contester peut-être que tous les phénomènes sociaux, sans exception, s'imposent à l'individu du dehors, le doute ne paraît pas possible pour ce qui concerne les croyances et les pratiques religieuses, les règles de la morale, les innombrables préceptes du droit, c'est-à-dire pour les manifestations les plus caractéristiques de la vie collective. Toutes sont expressément obligatoires ; or l'obligation est la preuve que ces manières d'agir et de penser ne sont pas l'oeuvre de l'individu, mais émanent d'une puissance morale qui le dépasse, qu'on l'imagine mystiquement sous la forme d'un Dieu ou qu'on s'en fasse une conception plus temporelle et plus scientifique.
Émile DURKHEIM, Sociologie et philosophie, Chapitre premier, IV
 
 

Texte n°2

Pour que les hommes puissent vivre dans la concorde et se venir en aide, il est nécessaire qu'ils renoncent à leur droit naturel et qu'ils s'assurent mutuellement de ne rien faire qui puisse tourner au détriment d'autrui. Quant à la manière dont il peut se faire que les hommes, qui sont nécessairement sujets aux affects, ainsi qu'inconstants et divers, puissent se donner cette assurance mutuelle et avoir une confiance mutuelle, elle ressort avec évidence de la Proposition 7 de cette Partie et de la Proposition 39 de la Partie 3 (1). À savoir, qu'un affect ne peut être contrarié que par un affect plus fort et contraire à l'affect à contrarier, et que l'on s'abstient de causer un dommage par crainte d'un dommage plus grand. C'est donc par cette loi que la Société pourra s'établir, à condition de revendiquer pour elle-même le droit qu'a chacun de se venger et de juger du bien et du mal ; et, par suite, d'avoir le pouvoir de prescrire une règle commune de vie et de faire des lois, et de les garantir, non pas par la raison, qui ne peut contrarier les affects, mais par des menaces. Et cette Société, garantie par les lois et par le pouvoir de se conserver, s'appelle Cité, et ceux qu'elle défend de droit, Citoyens ; par où l'on comprend aisément qu'il n'y a, dans l'état naturel, rien qui soit bien ou mal d'un avis unanime ; puisque tout un chacun, dans l'état naturel, ne veille qu'à son utilité, et décide du bien et du mal selon son tempérament et en n'ayant pour règle que son utilité, et que personne ne l'oblige à obéir à une loi, que lui seul ; et, par suite, dans l'état naturel, la faute ne se peut concevoir. Mais cela se peut dans l'état civil, où il est décidé d'un commun accord de ce qui est bien et de ce qui est mal, et où chacun est tenu d'obéir à la Cité. C'est pourquoi, la faute n'est rien d'autre que la désobéissance qui, pour cette raison, est punie par le seul droit de la Cité ; et, au contraire, l'obéissance est comptée au Citoyen comme un mérite, parce qu'il est, par là même, jugé digne de jouir des commodités de la Cité. Ensuite, dans l'état naturel, personne n'est, en vertu d'un accord commun, Seigneur de quoi que ce soit, et il n'y a rien, dans la Nature, qu'on puisse dire être à tel homme, et non à tel autre ; mais toutes choses sont à tous; et, partant, dans l'état naturel, on ne peut concevoir aucune volonté d'attribuer à chacun le sien, c'est-à-dire que, dans l'état naturel, il ne se fait rien qui puisse être dit juste ou injuste ; mais bien dans l'état civil, où c'est d'un commun accord qu'il est décidé de ce qui appartient à l'un et de ce qui appartient à l'autre.
 
SPINOZA, Éthique, IV° partie, proposition XXXVII, scolie 2 (traduction Bernard Pautrat modifiée)
 
(1) Spinoza reprend ces deux propositions dans la phrase suivante.
 
Deuxième épreuve : Dissertation
Durée 7h
Qu'est-ce qui fonde la croyance?
 

CAPES externe et CAFEP

Première composition : dissertation
Durée 6h


 Les limites de la connaissance. 


Deuxième composition : explication de texte
Durée 6h

SOCRATE
Mais il n’est possible, Théodore, ni que les maux soient supprimés, car il est inévitable qu’il y ait toujours quelque chose qui fasse obstacle au bien, ni qu’ils aient leur place parmi les dieux : à la nature mortelle et à ce lieu-ci est circonscrit, par nécessité, leur vagabondage. C’est pourquoi aussi il faut essayer de fuir d’ici là-bas le plus vite possible. Et la fuite, c’est de se rendre semblable à un dieu selon ce qu’on peut ; se rendre semblable à un dieu, c’est devenir juste et pieux, avec le concours de l’intelligence. Mais en fait, excellent homme, ce n’est pas du tout chose facile à persuader, que les raisons pour lesquelles il faut s’appliquer à l’excellence, mais non pas à la bassesse, ne sont pas, en fin de compte, celles pour lesquelles la plupart des gens disent qu’il faut fuir l’une et poursuivre l’autre : de peur, évidemment, de paraître mauvais, et pour avoir l’air d’être bon. Ces raisons, en effet, c’est ce qu’on appelle des commérages de vieilles femmes, à ce qu’il me paraît ; mais le vrai, voici comment nous devons l’énoncer.
Un dieu n’est injuste d’aucune façon sous aucun aspect, mais entièrement juste, au plus haut degré, et il n’y a rien qui lui soit plus semblable que celui d’entre nous qui pourrait à son tour devenir le plus juste possible. C’est à cela qu’a trait, soit l’habileté d’un homme, au vrai sens de ce mot, soit son insignifiance, qui le rend indigne du nom d’homme. Car savoir cela, c’est la véritable compétence, la véritable excellence ; l’ignorer, c’est une sottise manifeste et du vice. En dehors d’un tel savoir, les apparentes habiletés et compétences s’abaissent au rang du vulgaire dans l’exercice des pouvoirs politiques, et, dans la pratique d’un métier, ne dépassent pas le savoir d’un ouvrier. Celui donc qui pratique l’injustice, qui offense les dieux, en paroles ou en actions, ne pas lui concéder que son manque de scrupules fait de lui quelqu’un d’habile, c’est de loin ce qu’il y a de mieux. Car ils tirent gloire de ce reproche, ils croient y entendre qu’ils ne sont pas des sots, inutiles fardeaux de la terre, mais des hommes comme il faut l’être pour faire son salut dans une cité. Disons donc la vérité : ce qu’ils croient ne pas être, ils le sont d’autant plus qu’ils ne croient pas l’être. Ils ignorent en effet quelle est la peine réservée à l’injustice, chose qu’il faut le moins ignorer. Car elle n’est pas ce qu’ils croient, être battus et mis à mort : tout en pratiquant l’injustice, ils ne subissent parfois rien de tout cela, alors que la peine réservée à l’injustice, il est impossible de lui échapper.
 
THÉODORE
De quelle peine parles-tu donc ?
 
SOCRATE
Des modèles, mon cher, sont disposés au sein de l’être. Le modèle divin est le plus heureux, le modèle sans dieu est le plus malheureux. Eux ne voient pas qu’il en est ainsi, par stupidité et sous l’effet de la plus grande inintelligence, et on ne s’aperçoit pas qu’à force d’actions injustes ils se rendent semblables à l’un de ces modèles, et dissemblables à l’autre. Bien sûr, ils en subissent la punition : la vie qu’ils mènent est conforme au modèle auquel ils se rendent semblables. Mais si nous disons que, à moins qu’ils ne se défassent de ce qui fait leur habileté, même quand ils seront morts ce lieu qui là-bas est purifié des maux ne les recevra pas, mais qu’ils conserveront sans cesse ici le genre de vie qui leur ressemble, méchants assemblés aux méchants, certainement ils écouteront cela absolument comme des gens habiles, capables de parer à tout, en écoutent d’autres dépourvus d’entendement.
 
PLATON, Théétète, 176a-177a, traduction par Michel Narcy.

 

CAPES interne et CAER
L'arrêté du 27 avril 2011 a remplacé l'épreuve écrite d'admissibilité du Capes interne par l'étude, par le jury, d'un dossier de reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle (RAEP) établi par le candidat.
Le dossier de RAEP doit être adressé, en double exemplaire, au ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, secrétariat général, direction générale des ressources humaines, sous-direction du recrutement, bureau DGRH D3, 72 rue Regnault, 75243 Paris cedex 13.
L'envoi de ce dossier doit obligatoirement être effectué en recommandé simple au plus tard le lundi 20 janvier 2014 avant minuit le cachet de la poste faisant foi. Le non-respect de la date et des modalités d'envoi entraînera l'élimination du candidat.

 


Date de création : 29/08/2013 @ 10:30
Dernière modification : 11/01/2015 @ 00:55
Catégorie : Concours
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