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logophilo.jpgConcours - Sujets des concours 2013

AGRÉGATION externe
mercredi 3, jeudi 4 et vendredi 5 avril 2013


Première composition
Durée 7h
La finitude

Deuxième composition sur programme
Durée 7h
De quoi la forme est-elle la forme ?

Troisième composition (histoire de la philosophie)
Durée 6h

Quand on calcule sans l’aide de mots, ce qui peut se faire pour des choses particulières, quand par exemple à la vue d’une chose on conjecture ce qui l’a vraisemblablement précédée ou ce qui la suivra vraisemblablement, si ce qu’on pensait devoir suivre vraisemblablement ne suit pas en effet, ou si ce qu’on pensait avoir vraisemblablement précédé n’a pas réellement précédé, on appelle cela ERREUR. Les hommes les plus prudents y sont eux-mêmes sujets. Mais quand nous raisonnons avec des mots de signification générale et que nous aboutissons à une inférence générale qui est fausse, encore qu’on appelle communément cela une erreur, c’est en réalité une ABSURDITE, des paroles dénuées de sens. Car l’erreur est seulement une illusion, par laquelle on présume qu’une chose s’est passée ou doit arriver, alors certes que cette chose ne s’était pas passée ou ne devait pas arriver, mais aussi qu’on ne pouvait lui découvrir aucune impossibilité. Mais quand on profère une assertion générale, sa possibilité n’est pas concevable à moins qu’elle ne soit vraie. Et les mots à l’aide desquels nous ne concevons qu’un son sont ceux que nous appelons mots absurdes, mots sans signification, non-sens. Si donc un homme me parlait d’un quadrilatère rond, ou des accidents du pain dans le fromage, ou de substances immatérielles, ou d’un sujet libre, ou d’une volonté libre, ou de quoi que ce soit de libre, sinon au sens de : libéré de l’empêchement constitué par une opposition, je ne dirais pas qu’il est dans l’erreur, mais que ses paroles ne veulent rien dire, et, en d’autres termes, sont absurdes.
J’ai dit plus haut (dans le chapitre second) que l’homme l’emporte sur tous les autres animaux par la faculté qu’il a, quand il conçoit une chose quelconque, d’être enclin à s’enquérir des conséquences de cette chose et des effets qu’il pourrait accomplir grâce à elle. J’ajoute maintenant à ce que j’ai dit la mention d’un autre degré de la même supériorité : il peut, grâce aux mots, réduire les conséquences qu’il découvre en des règles générales nommées théorèmes ou aphorismes ; autrement dit, il peut raisonner ou calculer non seulement sur les nombres, mais sur toutes les autres choses qui peuvent être additionnées l’une à l’autre ou soustraites l’une à l’autre.
Mais ce privilège est tempéré par un autre : celui de l’absurdité. A celle-ci aucune créature vivante n’est sujette, sinon l’homme seul. Et, parmi les hommes, ceux-là y sont de tous les plus sujets, qui font profession d’être philosophes. Car ce que Cicéron dit d’eux quelque part est bien vrai : qu’il n’est rien de si absurde qu’on ne puisse le trouver dans les livres des philosophes. Et la raison en est manifeste : aucun d’entre eux ne fait partir son raisonnement des définitions, c’est-à-dire de l’explication des dénominations qu’il va utiliser. Une telle méthode n’a été employée qu’en géométrie : et c’est ainsi que les conclusions de cette science ont été rendues indiscutables.
HobbesLéviathan, Première partie, Chapitre V

AGRÉGATION interne
Mardi 22 et mercredi 23 janvier 2013

Première épreuve : explication de texte
Durée 6h30

Le candidat a le choix entre les deux textes suivants :

Texte n° 1

Quand le père qui l'avait engendré constata que ce monde, qui est une représentation des dieux éternels, avait reçu le mouvement et qu'il était vivant, il se réjouit et, comme il était charmé, l'idée lui vint de le rendre encore plus semblable à son modèle. Comme, effectivement, ce modèle se trouve être un vivant éternel, le dieu entreprit de faire que notre univers aussi devînt finalement tel, dans la mesure du possible. Or, ce vivant, comme il était éternel, il n'était pas possible de l'adapter en tout point au vivant qui est engendré. Le démiurge a donc l'idée de fabriquer une image mobile de l'éternité ; et, tandis qu'il met le ciel en ordre, il fabrique, de l'éternité qui reste dans l'unité, une certaine image éternelle progressant suivant le nombre - cela que, précisément, nous nommons « temps ».
En effet, les jours, les nuits, les mois et les années n'existaient pas avant que le ciel fût né. C'est en même temps qu'il construisait le ciel, que le dieu s'arrangea pour qu'ils naquissent. Tout cela, ce sont des divisions du temps, et les expressions « il était », « il sera », ne sont que des modalités du temps qui sont advenues à l'être - et c'est évidemment sans y réfléchir et de façon impropre que nous les appliquons à la réalité qui est éternelle. Certes, nous disons qu'« elle était », qu'« elle est » et qu'« elle sera », mais, à parler vrai, seule l'expression « elle est » s'applique à la réalité qui est éternelle. En revanche, les expressions « il était » et « il sera », c'est à ce qui devient en progressant dans le temps qu'il sied de les appliquer, car ces deux expressions désignent des mouvements. Mais ce qui toujours reste dans le même état immuablement, il ne lui appartient pas de devenir plus jeune ou plus vieux avec le temps, ni d'être advenu à l'être dans le passé, ni d'advenir à l'être dans le présent, ni enfin d'y advenir dans l'avenir. Et, de façon générale, à ce qui toujours reste dans le même état immuablement n'appartient rien de tout ce que le devenir a attaché à ce qui est transmis par les sens, mais ce ne sont là que des modalités nées avec le temps qui imite l'éternité et qui se meut en cercle suivant le nombre. Et, en plus de celles qui viennent d'être mentionnées, nous utilisons des formules de ce genre : « le passé est le passé », « ce qui est en train de devenir est en train de devenir », ou encore « le futur est le futur », et aussi « le non-être est le non-être » - toutes formules qui ne présentent aucune exactitude. [...]
Le temps est donc né avec le ciel afin que, engendrés ensemble, ils soient dissous ensemble, si jamais ils doivent connaître la dissolution. En outre, le temps a été engendré sur le modèle de la nature éternelle, pour qu'il entretînt avec elle la ressemblance la plus grande possible. Effectivement, le modèle est quelque chose qui est de toute éternité, alors que le ciel, sans discontinuer, d'un bout à l'autre du temps tout entier, a été, est et sera.

PLATON, Timée, 37c-38c (Traduction Pierre Brisson modifiée)

 

Texte n°2

Le passé n'est donc pas passé, ni le futur futur. Il n'existe que lorsqu'une subjectivité vient briser la plénitude de l'être en soi, y dessiner une perspective, y introduire le non-être. Un passé et un avenir jaillissent quand je m'étends vers eux. Je ne suis pas pour moi-même à l'heure qu'il est, je suis aussi bien à la matinée de ce jour ou à la nuit qui va venir, et mon présent, c'est, si l'on veut, cet instant, mais c'est aussi bien ce jour, cette année, ma vie tout entière. Il n'est pas besoin d'une synthèse qui réunisse du dehors les tempora en un seul temps, parce que chacun des tempora comprenait déjà au-delà de lui-même la série ouverte des autres tempora, communiquait intérieurement avec eux, et que la « cohésion d'une vie » est donnée avec son ek-stase. Le passage du présent à un autre présent, je ne le pense pas, je n'en suis pas le spectateur, je l'effectue, je suis déjà au présent qui va venir comme mon geste est déjà à son but, je suis moi-même le temps, un temps qui « demeure » et ne « s'écoule » ni ne « change », comme Kant l'a dit dans quelques textes. Cette idée du temps qui se devance lui-même, le sens commun l'aperçoit à sa façon. Tout le monde parle du temps, et non pas comme le zoologiste parle du chien ou du cheval, au sens d'un nom collectif, mais au sens d'un nom propre. Quelquefois même, on le personnifie. Tout le monde pense qu'il y a là un seul être concret, tout entier présent en chacune de ses manifestations comme un homme est dans chacune de ses paroles. On dit qu'il y a un temps comme on dit qu'il y a un jet d'eau : l'eau change et le jet d'eau demeure parce que la forme se conserve ; la forme se conserve parce que chaque onde successive reprend les fonctions de la précédente : onde poussante par rapport à celle qu'elle poussait, elle devient à son tour onde poussée par rapport à une autre ; et cela même vient enfin de ce que, depuis la source jusqu'au jet, les ondes ne sont pas séparées : il n'y a qu'une seule poussée, une seule lacune dans le flux suffirait à rompre le jet. C'est ici que se justifie la métaphore de la rivière, non pas en tant que la rivière s'écoule, mais en tant qu'elle ne fait qu'un avec elle-même.

Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, p. 481-482

 
Deuxième épreuve : Dissertation
Durée 7h

L'épreuve de la liberté.

CAPES externe et CAFEP
jeudi 8 et vendredi 9 novembre 2012

Première composition : dissertation
Durée 6h


Le droit à la différence.

Deuxième composition : explication de texte
Durée 6h

Tout ce que Dieu a révélé est certainement véritable, on n’en saurait douter. Et c’est là le propre objet de la foi. Mais pour savoir si le point en question est une révélation ou non, il faut que la raison en juge, elle qui ne peut jamais permettre à l’esprit de rejeter une plus grande évidence pour embrasser ce qui est moins évident, ni se déclarer pour la probabilité par opposition à la connaissance et à la certitude. Il ne peut point y avoir d’évidence, qu’une révélation connue par tradition vient de Dieu dans les termes où nous la recevons et dans le sens où nous l’entendons, qui soit si claire et si certaine que celle des principes de la raison. C’est pourquoi nulle chose contraire ou incompatible avec des décisions de la raison, claires et évidentes par elles-mêmes, n’a droit d’être sollicitée ou reçue comme une matière de foi à laquelle la raison n’ait rien à voir. Tout ce qui est révélation divine doit prévaloir sur nos opinions, sur nos préjugés et nos intérêts, et est en droit d’exiger un parfait assentiment. Mais une telle soumission de notre raison à la foi ne renverse pas les limites de la connaissance, et n’ébranle pas les fondements de la raison, mais nous laisse cet usage de nos facultés pour lequel elles nous ont été données.
Si l’on n’a pas soin de distinguer les différentes juridictions de la foi et de la raison par le moyen de ces bornes, la raison n’aura absolument point de place en matière de religion, et l’on n’aura aucun droit de blâmer les opinions et les cérémonies extravagantes qu'on remarque dans la plupart des religions du monde ; car c’est à cette coutume d’en appeler à la foi par opposition à la raison qu'on peut, je pense, attribuer, en grande partie, ces absurdités dont la plupart des religions qui ont pouvoir sur le genre humain et le divisent, sont remplies. Car les hommes ayant été une fois imbus de cette opinion, qu'ils ne doivent pas consulter la raison dans les choses qui regardent la religion, quoique visiblement contraires au sens commun et aux principes de toute leur connaissance, ils ont lâché la bride à leurs fantaisies, et au penchant qu'ils ont naturellement vers la superstition ; par où ils ont été entraînés dans des opinions si étranges, et dans des pratiques si extravagantes en fait de religion, qu'un homme raisonnable ne peut qu'être surpris de leurs folies, et que regarder ces opinions et ces pratiques comme des choses si éloignées d’être agréables à Dieu, grand et sage, qu'il ne peut’ s’empêcher de penser qu'elles paraissent ridicules et choquantes à tout homme de bien et de modération. De sorte que dans le fond la religion, qui devrait nous distinguer le plus des bêtes, et contribuer plus particulièrement à nous élever comme des créatures raisonnables au-dessus des brutes, est la chose en quoi les hommes paraissent souvent le plus déraisonnables, et plus insensés que les bêtes mêmes. Credo, quia impossibile est : Je le crois parce qu'il est impossible[1], est une maxime qui peut passer dans un homme de bien pour un emportement de zèle ; mais ce serait une fort mauvaise règle pour déterminer les hommes dans le choix de leurs opinions ou de leur religion.

John Locke, Essai philosophique concernant l’entendement humain, Livre IV, chapitre XVIII, traduction par Pierre Coste revue et légèrement modifiée.

 



[1] Cf. Tertullien, De Carne Christi, V.

CAPES interne et CAER
L'arrêté du 27 avril 2011 a remplacé l'épreuve écrite d'admissibilité du Capes interne par l'étude, par le jury, d'un dossier de reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle (RAEP) établi par le candidat.
Le dossier de RAEP doit être adressé, en double exemplaire, au ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, secrétariat général, direction générale des ressources humaines, sous-direction du recrutement, bureau DGRH D3, 72 rue Regnault, 75243 Paris cedex 13.
L'envoi de ce dossier doit obligatoirement être effectué en recommandé simple au plus tard le lundi 21 janvier 2013 avant minuit le cachet de la poste faisant foi. Le non-respect de la date et des modalités d'envoi entraînera l'élimination du candidat.

 


Date de création : 09/03/2013 @ 19:49
Dernière modification : 18/06/2013 @ 19:43
Catégorie : Concours
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