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Anciens éditoriaux - Editorial n°14

A propos du discours de Luc Chatel du 18/11/2010

Le discours du ministre de l'éducation nationale, à propos de la philosophie et de l'extension de son enseignement en amont de la classe terminale, semble, en première analyse, être une très bonne nouvelle pour les professeurs de philosophie. En effet, tout ce qui contribue à étendre cet enseignement et à le populariser lui est sans doute bénéfique.
Seule matière à être enseignée uniquement en terminale, elle suscite l'inquiétude des lycéens qui la voient comme présentant des difficultés insurmontables et souvent, comme ce qui leur barre la route de la mention très bien. Il est vrai que les bonnes notes en philosophie au bac sont plutôt rares et que les 2/3 des lycéens n'obtiennent pas la moyenne.
Par conséquent, le discours de Luc Chatel semble aller dans le bon sens, puisque si on commence plus tôt son enseignement, les lycéens pourront apprivoiser la matière et arriver en terminale avec de meilleures chances de réussite.
Hélas, tout n'est pas aussi simple. D'abord parce que si jusqu'ici on ne l'enseignait qu'en terminale, c'est parce que la philosophie induit un mode de pensée par concepts, qui exige une certaine maturité intellectuelle, que les élèves plus jeunes sont loin d'avoir. Pour avoir expérimenté les différents scénarios évoqués par le ministre, à savoir, l'ECJS en seconde, l'interdisciplinarité et l'initiation en première littéraire, je peux dire que les seules chances de succès dans ces classes, reposent sur la mise en oeuvre d'un socratisme bien tempéré, qui, par une série de questions habilement conduites, oblige les élèves à s'extraire de quelques lieux communs tenaces. Tant qu'on en reste à la discussion orale tout va très bien et les élèves en redemandent. Mais s'il s'agit de poursuivre la réflexion par des lectures, des exposés ou autres travaux écrits, là, les réticences commencent à apparaître et il est difficile, voire impossible de franchir ce cap.
Or nous savons bien qu'il n'y a pas de philosophie sans un effort d'appropriation des textes historiques fondamentaux et sans une longue et patiente maturation intellectuelle, qui conduit à une aptitude à argumenter,  en s'appuyant une culture précise, aussi bien à l'oral qu'à l'écrit. Donc l'idée d'introduire un enseignement de philosophie dès les premières classes du lycée est sans doute intéressante et les élèves qui ont une certaine ouverture d'esprit y trouveront sans doute leur compte. Mais elle ne peut aller plus loin que les échanges (toujours très riches et passionnants) qui se produisent de manière informelle dans les cafés-philo ou les conférences populaires. A partir de là, si tant est qu'il n'y a pas d'âge pour philosopher, pourquoi ne pas l'étendre à toutes les classes de la maternelle à l'université? Le documentaire de Jean-Pierre Pozzi et Pierre Barougier, Ce n'est qu'un début, ose franchir ce cap: on peut déjà pratiquer la philosophie à 4 ans! Reste à s'entendre sur ce qu'on entend exactement par "philosophie"...
Il ne reste plus qu'à espérer que ce regain d'intérêt pour la philosophie ne traduise pas simplement la volonté de rendre les professeurs de philosophie plus polyvalents, plus flexibles, afin qu'ils puissent utilement compléter leur services, comme leurs collègues des autres disciplines, en faisant de l'accompagnement personnalisé ou même en s'occupant d'une option de détermination a priori dévolue à d'autres matières, comme «Littérature et société» ou «Méthodes et pratiques scientifiques». Il est vrai que le caractère transversal de la philosophie ne fait aucun doute et que, dit-on, nous serions en surnombre...
Pierre Hidalgo

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Date de création : 03/06/2011 @ 23:26
Dernière modification : 03/06/2011 @ 23:26
Catégorie : Anciens éditoriaux
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