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logochouette.jpgBac - sujets du bac 2010 métropole

Série L

Métropole

1er sujet:

La recherche de la vérité peut-elle être désintéressée ?

2ème sujet:

Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ?

3ème sujet:

Expliquer le texte suivant:

Parce que les actes humains pour lesquels on établit des lois consistent en des cas singuliers et contingents, variables à l'infini, il a toujours été impossible d'instituer une règle légale qui ne serait jamais en défaut. Mais les législateurs, attentifs à ce qui se produit le plus souvent, ont établi des lois en ce sens. Cependant, en certains cas, les observer va contre l'égalité de la justice, et contre le bien commun, visés par la loi. Ainsi, la loi statue que les dépôts doivent être rendus, parce que cela est juste dans la plupart des cas. Il arrive pourtant parfois que ce soit dangereux, par exemple si un fou a mis une épée en dépôt et la réclame pendant une crise, ou encore si quelqu'un réclame une somme qui lui permettra de combattre sa patrie. En ces cas et d'autres semblables, le mal serait de suivre la loi établie ; le bien est, en négligeant la lettre de la loi, d'obéir aux exigences de la justice et du bien public. C'est à cela que sert l'équité. Aussi est-il clair que l'équité est une vertu.

L'équité ne se détourne pas purement et simplement de ce qui est juste, mais de la justice déterminée par la loi. Et même, quand il le faut, elle ne s'oppose pas à la sévérité qui est fidèle à l'exigence de la loi; ce qui est condamnable, c'est de suivre la loi à la lettre quand il ne le faut pas. Aussi est-il dit dans le Code[1] : « II n'y a pas de doute qu'on pèche contre la loi si, en s'attachant à sa lettre, on contredit la volonté du législateur ».
II juge de la loi celui qui dit qu'elle est mal faite. Mais celui qui dit que dans tel cas il ne faut pas suivre la loi à la lettre, ne juge pas de la loi, mais d'un cas déterminé qui se présente.
Thomas d'Aquin, Somme théologique

[1] Il s'agit du Code publié par Justinien en 529 : il contient la plus grande somme connue de droit romain antique.
 
  

La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.


Série ES

Métropole

1er sujet:

Une vérité scientifique peut-elle être dangereuse ?

2ème sujet:

Le rôle de l'historien est-il de juger ?

3ème sujet:

Expliquer le texte suivant:

La morale de notre temps est fixée dans ses lignes essentielles, au moment où nous naissons ; les changements qu’elle subit au cours d’une existence individuelle, ceux, par conséquent, auxquels chacun de nous peut participer sont infiniment restreints. Car les grandes transformations morales supposent toujours beaucoup de temps. De plus, nous ne sommes qu’une des innombrables unités qui y collaborent. Notre apport personnel n’est donc jamais qu’un facteur infime de la résultante complexe dans laquelle il disparaît anonyme. Ainsi, on ne peut pas ne pas reconnaître que, si la règle morale est œuvre collective, nous la recevons beaucoup plus que nous ne la faisons. Notre attitude est beaucoup plus passive qu’active. Nous sommes agis plus que nous n’agissons. Or, cette passivité est en contradiction avec une tendance actuelle, et qui devient tous les jours plus forte, de la conscience morale. En effet, un des axiomes fondamentaux de notre morale, on pourrait même dire l’axiome fondamental, c’est que la personne humaine est la chose sainte par excellence ; c’est qu’elle a droit au respect que le croyant de toutes les religions réserve à son dieu ; et c’est ce que nous exprimons nous-mêmes, quand nous faisons de l’idée d’humanité la fin et la raison d’être de la patrie. En vertu de ce principe, toute espèce d’empiètement sur notre for intérieur nous apparaît comme immorale, puisque c’est une violence faite à notre autonomie personnelle. Tout le monde, aujourd’hui, reconnaît, au moins en théorie, que jamais, en aucun cas, une manière déterminée de penser ne doit nous être imposée obligatoirement, fût-ce au nom d’une autorité morale.

DURKHEIM, L’éducation morale
 
 
La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Série S

Métropole

1er sujet:

L’art peut-il se passer de règles ?

2ème sujet:

Dépend-il de nous d’être heureux ?

3ème sujet:

Expliquer le texte suivant:

L’ignorance des causes et de la constitution originaire du droit, de l’équité, de la loi et de la justice conduit les gens à faire de la coutume et de l’exemple la règle de leurs actions, de telle sorte qu’ils pensent qu’une chose est injuste quand elle est punie par la coutume, et qu’une chose est juste quand ils peuvent montrer par l’exemple qu’elle n’est pas punissable et qu’on l’approuve. […] Ils sont pareils aux petits enfants qui n’ont d’autre règle des bonnes et des mauvaises manières que la correction infligée par leurs parents et par leurs maîtres, à ceci près que les enfants se tiennent constamment à leur règle, ce que ne font pas les adultes parce que, devenus forts et obstinés, ils en appellent de la coutume à la raison, et de la raison à la coutume, comme cela les sert, s’éloignant de la coutume quand leur intérêt le requiert et combattant la raison aussi souvent qu’elle va contre eux. C’est pourquoi la doctrine du juste et de l’injuste est débattue en permanence, à la fois par la plume et par l’épée. Ce qui n’est pas le cas de la doctrine des lignes et des figures parce que la vérité en ce domaine n’intéresse pas les gens, attendu qu’elle ne s’oppose ni à leur ambition, ni à leur profit, ni à leur lubricité. En effet, en ce qui concerne la doctrine selon laquelle les trois angles d’un triangle sont égaux à deux angles d’un carré, si elle avait été contraire au droit de dominer de quelqu’un, ou à l’intérêt de ceux qui dominent, je ne doute pas qu’elle eût été, sinon débattue, en tout cas éliminée en brûlant tous les livres de géométrie, si cela eût été possible à celui qui y aurait eu intérêt.

HOBBES, Léviathan

 
 
La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Séries technologiques

Métropole

1er sujet:

Une vie heureuse est-elle une vie de plaisir ?

2ème sujet:

L'art peut-il se passer d'une maîtrise technique ?

3ème sujet:

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.
 
La communauté politique la plus libre est celle dont les lois s’appuient sur la saine raison. Car, dans une organisation fondée de cette manière, chacun, s’il le veut, peut être libre, c’est-à-dire s’appliquer de tout son cœur à vivre raisonnablement. De même, les enfants, bien qu’obligés d’obéir à tous les ordres de leurs parents, ne sont cependant pas des esclaves ; car les ordres des parents sont inspirés avant tout par l’intérêt des enfants. Il existe donc selon nous une grande différence entre un esclave, un fils, un sujet, et nous formulerons les définitions suivantes : l’esclave est obligé de se soumettre à des ordres fondés sur le seul intérêt de son maître ; le fils accomplit sur l’ordre de ses parents des actions qui sont dans son intérêt propre ; le sujet enfin accomplit sur l’ordre de la souveraine Puissance* des actions visant à l’intérêt général et qui sont par conséquent aussi dans son intérêt particulier.

SPINOZA
* la souveraine Puissance : l’instance qui détient l’autorité politique.

1. Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.
 
2.
a) Montrez en quoi l’obéissance de l’enfant et du sujet se distingue de l’obéissance de l’esclave.
b) Pourquoi le sujet agit-il « aussi dans son intérêt particulier » lorsqu’il accomplit « des actions visant à l’intérêt général » ?
c) Quelle est la définition de la liberté sur laquelle s’appuie l’argumentation de Spinoza ? Expliquez-la en vous servant des exemples du texte.
 
3. Est-on d’autant plus libre que les lois auxquelles on obéit s’appuient sur la raison ?

 


Date de création : 17/06/2010 @ 18:42
Dernière modification : 17/06/2010 @ 18:45
Catégorie : Bac
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Réactions à cet article


Réaction n°1 

par jp13960 le 17/06/2010 @ 19:32

L’art peut-il se passer de règles ?

L'art est défini par diverses propriétés très différentes les unes des autres, mais beaucoup sont récurrentes ; ainsi l'art serait l'expression d'un talent chez un artiste (la notion de l'artiste sera vue ultérieurement), la technique (notion plutôt archaïque mais ayant la même racine que le mot "art") comme une habileté à faire quelque chose, l'expression de la beauté naturelle (se dégageant de ce qui est vivant) ou la beauté universellement reconnue, appelée beauté artistique.

Plan possible :
- L’art, c’est la liberté
- Sans règles, pas de création possible
- Nouvelle règle : refuser les règles

Ce sujet invite donc à penser des rapports entre art/technique, travail et art/liberté. L’artiste est-il un technicien ? La liberté de l’artiste s’oppose-t-elle à toute règle, contrainte, norme ? L’art, est-ce n’importe quoi ? N’importe comment ?

I) L’art, c’est la liberté
L’idée de règles renvoie à l’idée de conventions, de normes et donc de contraintes. Ce qui semble s’opposer à l’idée de création artistique associée spontanément à l’idée de liberté : l’artiste ferait ce qui lui plaît. Une œuvre unique, originale, inutile. Donc, on pourrait penser que l’art peut se passer de règles ! Une œuvre d’art est différente de la production artisanale et industrielle : reproductible et utilitaire où le concept précède le produit et obéit à des contraintes techniques. En art, le concept de l’œuvre ne préexiste pas à l’œuvre. L ‘artiste est inspiré c’est-à-dire dépossédé de sa création au moment de la possession. « Pas de recettes pour faire un chef d’œuvre ». Paul Valéry. Différence entre artiste scolaire reproduisant ce qu’il a appris ; l’artiste sans génie qui copie l’artiste n’est alors qu’un brillant artisan. L’application de règles peut entrainer un académisme qui s’oppose à l’art.

II) Sans règles, pas de création possible

Mais, d’un autre côté, si l’artiste n’est pas qu’un artisan, (« désir » différent de « besoin », « création » différent de « production »), ne doit-il pas être d’abord un artisan ? L’art commence là où la technique s’achève. A la fois au sens où il n’y a plus de règles préétablies, mais aussi au moment où la technique est tellement maîtrisée qu’elle n’apparaît plus. C’est l’idée de Nietzsche sur le génie : on crie au génie en art parce qu’on ne voit pas de traces d’un processus de fabrication. Mais ce processus existe bel et bien et le métier est bien là, tout comme la connaissance de l’art.

L’artiste nie ce qui est, la matière brute pour la modeler : c’est dans la contrainte que la liberté peut se montrer. Si le marbre se sculptait seul, ou n’obéissait à aucune règle, ce serait impossible de créer quoi que ce soit. Il y a des règles : le génie donne ses règles à l’art mais :

« La règle du beau n’apparaît pas dans l’œuvre et y reste prise en sorte qu’elle ne peut servir jamais d’aucune manière à faire une autre œuvre. » Système des Beaux-arts, Alain. Selon Kant, le génie ne peut expliquer ses règles mais il y a des règles données par cette œuvre. Elle sera originale à la fois au sens d’unique mais aussi de celle qui va servir d’original, de modèle pour d’autres artistes. Le génie fait école, le talent crée un style, même si celui si ne suffit pas pour expliquer et produire des chefs d’œuvres.

Donc, même si la règle ne se voit pas, le travail disparaît pour donner l’impression de facilité, de produit de la nature ou même de l’improvisation.

III) Nouvelle règle : refuser les règles
Mais la règle contemporaine ne peut-elle pas être de rompre avec la règle ? N’est-ce pas là encore une nouvelle règle de l’art ? Au nom de la liberté, l’art moderne, puis contemporain, refuse la définition de l’œuvre d’art du XVIIIème et du XIXème siècle. Dans l’art contemporain, l’œuvre n’est plus l’objet, c’est la démarche qui devient le centre de la préoccupation de l’artiste. « Ce n’est pas la fin de l’art, c’est la fin de son régime d’objet. » Yves Michaux.

L’art oblige sans cesse à nous remettre en question nos propres règles (la réforme du regard de la conception du monde) : l’art lève le voile selon Bergson et Paul Klee.


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