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Tice - Philosophie et Internet

Réflexion sur l'usage des TICE en philosophie
Par Pierre Rostaing, professeur de philosophie

Introduction: De l'invention de la logique à l'ordinateur

Par l'invention de la logique, les Grecs ont fondé l'idée que la pensée elle-même puisse se réduire à un calcul. Socrate et les sophistes ne sont-il pas les premiers à promouvoir l'idée que toute discussion puisse en principe trouver sa conclusion définitive ?
Mais il faut attendre Leibniz pour fonder assurément l'idée suivante [historiquement parlant] : qu'une machine puisse calculer la pensée. "En 1677 (à l'âge de 31 ans), Leibniz écrivit un dialogue sur la lingua rationalis, c'est-à-dire sur le calcul, le mode de [rendre] compte, qui devait permettre de calculer complètement et universellement, pour tout ce qui est, les relations entre le mot, le signe et la chose. Dans ce dialogue et dans d'autres œuvres, Leibniz a pensé et posé d'avance les fondements de ce qui, aujourd'hui, non seulement est utilisé sous forme de machine à penser, mais surtout détermine notre mode de penser", Heidegger, Le principe de raison, Gallimard, 1962, p. 220.
Le langage-machine qui est à son principe est un système développé à partir de trois réductions successives :
a. la découverte fondamentale de la numérotation binaire par Leibniz,
b. la réduction du raisonnement logique au calcul algébrique à base binaire par Boole,
c. la réduction de l'algèbre de Boole au jeu d'ouverture [1] et de fermeture [0] des circuits électriques par l'ingénieur des télécommunications Claude Shannon. Le courant passe = oui ou présence ou 1. Le courant ne passe pas = non ou absence ou 0.
Cette application étendue à l'échelle d'un système physique ordonné de circuits électriques [permettant de rendre les signaux électriques supports de l'information, quelle qu'en soit la nature] devait donner naissance à l'invention du premier ordinateur par von Neumann.

§1.

Si les TICE sont en général peu intéressées à la philosophie, la philosophie doit, elle, s'y intéresser absolument. En premier lieu pour comprendre le monde de la technique généralisée dans lequel nous vivons (Heidegger). En second lieu pour offrir aux élèves de la dominer tant par l'exercice que par la pensée, et de pouvoir ainsi cesser ou bien de la fuir en la craignant ou bien de la subir en l'idolâtrant.


§2.

Par suite, si l'on peut légitimement déclarer que l'exercice de la pensée est totalement incompatible avec le fait de surfer sur le web, il est toutefois nécessaire de distinguer, dans les ressources TICE pour la philosophie, le niveau théorique des contenus et celui, pratique, des classes de services pouvant favoriser et développer le rapport pédagogique :
a. le pur et simple exposé de contenus philosophiques sur le 'net' ne présente en effet aucune plus-value sur le plan pédagogique : tout au plus une aide en ligne, laquelle ne pourra jamais se substituer ni à la lecture des œuvres ni au questionnement vivant de la classe.
La reprise des mêmes contenus à l'issue de ce questionnement, au moyen de liens hypertextes permettant de le traduire, mérite en revanche une expérimentation systématique.
b. les 4 classes de services offertes par les NTIC intégrées au réseau Internet méritent également que nous méditions leurs implications pédagogiques. En effet, comment la qualité et les résultats du travail collectif que ces mêmes classes ont permis d'atteindre dans le domaine de la recherche scientifique (qui leur a donné naissance) ne pourraient-elles garantir le succès de leur application à l'éducation ? Ces classes [messagerie, téléchargement, discussion, édition en ligne] réunissent en outre toutes les qualités invoquées par les élèves dans leurs réponses au questionnaire du Ministère : plus de convivialité, plus d'ancrage pratique dans la réalité, plus de débat.

§3.

Préconisations provisoires à l'usage de la philosophie en terminale :
L'édition en ligne peut servir de base fédératrice au projet (individuel ou de groupe) d'élaboration de dossiers pour chaque notion du programme. Cette pratique oblige à la rigueur (l'élève ayant son travail soumis en permanence à la publicité dans et hors de la classe, voire du lycée), et offre en retour le bénéfice de la reconnaissance. D'autre part, il permet au professeur d'envisager l'impossible : boucler le programme par un partage équilibré du travail.
Le téléchargement de documents et d'applications logicielles pourra servir à illustrer et faire discuter l'exposé d'une théorie [par exemple, la communication chez les abeilles d'après Von Frisch, grâce au remarquable modèle informatique créé par François Tilquin, professeur de biologie] ou encore à mettre à l'épreuve de la technique la théorie de la technique elle-même ou la logique de Leibniz, etc. Il permettra aussi de mettre en œuvre les questions d'actualité sur le mode de l'enquête contradictoire (le procès du sang contaminé suivi par l'ensemble des parties et à partir de l'ensemble des sources), et de retrouver ainsi la méthode originaire de l'historia grecque.
La discussion en ligne permet de nourrir l'édition du dossier et de faire évoluer le débat sur la notion et ses problématiques au-delà des frontières de la classe (avec une classe correspondante d'un autre lycée, un professeur d'université, des parents d'élèves, un élu, etc.).
La messagerie permet de les prolonger en dehors des heures de cours, et, le cas échéant, de régler entre le professeur et les élèves des problèmes relationnels ou d'organisation du travail dont ils n'auraient jamais « accouché » dans le cadre de la relation maître-élèves traditionnelle.


§4.

Ce qui correspond à l'usage moyen d'un accès Internet à raison d'une heure par semaine et par classe, pour peu que l'organisation du travail soit bien pensée et dirigée dès le début de l'année. L'élève ne doit jamais perdre de vue que la propédeutique philosophique, en terminale, commence et finit par l'écriture ; le professeur se souvenir que, même « pour ne plus philosopher [mais éprouver et faire l'expérience de la logique de la technique], il faut encore philosopher ».



Conclusion : la valeur des TICE, considérées non pour elles-mêmes mais en vue des fins de la pédagogie, n'est-elle pas, au fond, de permettre de vérifier avec l'élève la validité des théories enseignées et la pertinence des questions qu'elles soulèvent ?

Date de création : 19/12/2004 @ 12:03
Dernière modification : 17/06/2005 @ 00:29
Catégorie : Tice
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