Marc Aurèle: les choses qui dépendent de nous

Si tu mets au rang des biens ou des maux ce qui ne dépend pas de ta volonté il est impossible, au cas que ce mal t’arrive, ou que ce bien t’échappe, que tu ne te plaignes pas des dieux, et que tu ne haïsses pas les hommes, causes réelles, ou soupçonnées telles, de ta déconvenue ou du mal qui t’a frappé. Et nous commettons mille injustices, parce que ces objets ne nous sont pas indifférents. Au contraire, si nous considérons comme des biens ou des maux uniquement les choses qui dépendent de nous, il ne reste plus aucun motif d’accuser Dieu ou de déclarer la guerre à l’homme.

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, livre III, pensée XI, Les Stoïciens, textes choisis par J. Brun, PUF, 1966, p. 154-155.