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André
Martinet

Langage - système de signes

 
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Eléments de linguistique générale, Colin, 1968

 

 

On entend souvent dire que le langage humain est articulé (...) . Il convient toutefois de préciser cette notion d'articulation du langage et de noter qu'elle se manifeste sur deux plans différents (...).

La première articulation est celle selon laquelle [tout message à transmettre] s'analyse en une suite d'unités douées chacune d'une forme vocale et d'un sens. Si je souffre de douleurs à la tête, je puis manifester la chose par des cris. (...) Mais cela ne suffit pas à en faire une communication linguistique. Chaque cri est inanalysable et correspond à l'ensemble, inanalysé, de la sensation douloureuse. Toute autre est la situation si je prononce la phrase "j'ai mal à la tête". Ici, il n'est aucune des six unités successives j', ai, mal, à, la, tête qui corresponde à ce que ma douleur a de spécifique. Chacune d'entre elles peut se retrouver dans de tout autres contextes pour communiquer d'autres faits d'expérience : "mal" par exemple, dans "il fait le mal", et "tête" dans "il s'est mis à leur tête". On aperçoit ce que représente d'économie cette première articulation (...). Quelques milliers d'unités, comme "tête", "mal", "ai", "la", largement combinables, nous permettent de communiquer plus de choses que ne pourraient le faire des millions de cris inarticulés.
(...)
[La deuxième articulation] Chacune de ces unités de première articulation présente, nous l'avons vu, un sens et une forme vocale (ou phonique). (...) La forme vocale est, elle, analysable, en une succession d'unités dont chacune contribue à distinguer "tête", par exemple, d'autres unités comme "bête", "tante", ou "terre". C'est ce qu'on désignera comme la deuxième articulation du langage. Dans le cas de "tête", ces unités sont au nombre de trois; nous pouvons les représenter au moyen des lettres t, e, t,(...). On aperçoit ce que représente d'économie cette seconde articulation (...). Grâce à la seconde articulation, les langues peuvent se contenter de quelques dizaines de productions phoniques distinctes que l'on combine pour obtenir la forme vocale des unités de première articulation.

 



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Maryvonne Longeart