Lien hypertexte et apprentissage
de la réflexion philosophique :

L'expérience du LOG

Colloque RESEAU.RAISON
Université Laval, Québec, Canada
29 sept. - 1 oct. 2005

Maryvonne Longeart

Professeur agrégée de philosophie, Lycée de Villard de Lans (France)
Professeur concepteur, LOG (Lycée Ouvert de Grenoble)

Rémi Clot-Goudard

Professeur agrégé de philosophie, Académie de Grenoble (France)
Professeur concepteur, LOG (Lycée Ouvert de Grenoble).


Résumé

Nous abordons la question des enjeux pédagogiques de l’hypertexte dans l’apprentissage de la philosophie en nous appuyant plus particulièrement sur l’expérience de l’enseignement de la philosophie dans le cadre du projet LOG. Après une présentation interactive de la base, nous nous interrogeons sur la pertinence d’un tel outil pour l’apprentissage de la philosophie. Nous soulignons tout d’abord les difficultés liées à l’émiettement des textes et à l’ambiguïté des liens dans un hypertexte. Puis nous montrons en quoi ces difficultés en elles-mêmes peuvent être l’occasion d’un apprentissage de la démarche philosophique. En effet, l’élève qui utilise la base de philosophie fait le postulat que les liens hypertextes ont une rationalité immanente qu’il s’agit de reconstruire. Ce postulat est le symétrique d’un autre postulat que fait cette fois le concepteur. Le concepteur, en construisant une base hypertexte, suppose que l’usager est rationnel, en ce sens qu’il doit être capable de comprendre la nature instrumentale du lien (son insertion dans un rapport moyen / fin au service de la réflexion). On le suppose capable de comprendre que le lien est le produit d’un être doué de finalité, et d’interpréter le sens de ce produit. On s’adresse donc bien à la rationalité de l’usager puisqu’elle est requise pour le fonctionnement de la base. Mais il s’agit d’abord, pourrait-on dire, de sa raison pratique : de sa capacité à saisir des rapports moyen / fin, un ordre de subordination. Ainsi, le propre du lien hypertexte est de matérialiser une occasion pour l’usager de recréer en lui-même un paysage conceptuel, d’ordonner ses pensées en un ensemble cohérent et d’expliciter les relations logiques entre les parties de cet ensemble. Or cette opération n’est pas autre chose que l’exercice de l’intelligence : intelligere, c’est tisser des liens entre des choses que l’on concevait d’abord comme séparées.

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