Quelques thèmes de réflexion
Robinson, seul sur son île déserte,
organise sa vie sur l'île.
Pourquoi a-t-il besoin d'une horloge et
d'un calendrier ? Ne pourrait-il pas, en principe, s'en passer ?
Mise en situation
Vivre une journée sans montre et sans horloge.

Michel Tournier
Vendredi ou la vie sauvage, (1971),
Gallimard, 1977, pp. 35-36.
Il remarqua plus tard que le soleil n'était visible de l'intérieur de la villa qu'à certaines heures du jour et qu'il serait plus pratique pour savoir l'heure de fabriquer une sorte d'horloge qui fonctionnerait jour et nuit à l'intérieur de la maison. Après quelques tâtonnements, il confectionna une sorte de clepsydre, c'est-à-dire une horloge à eau, comme on en avait autrefois. C'était simplement une bonbonne de verre transparent dont il avait percé le fond d'un tout petit trou par où l'eau fuyait goutte à goutte dans un bac de cuivre posé sur le sol. La bonbonne mettait vingt-quatre heures à se vider dans le bac, et Robinson avait strié ses flancs de vingt-quatre cercles parallèles marqués chacun d'un chiffre. Ainsi le niveau du liquide donnait l'heure à tout moment. Il lui fallait aussi un calendrier qui lui donnât le jour de la semaine, le mois de l'année et le nombre des année passées. Il ne savait absolument pas depuis combien de temps il se trouvait sur l'île. Un an, deux ans, plus peut-être ? Il décida de repartir à zéro. Il dressa devant sa maison un mât-calendrier. C'était un tronc écorcé sur lequel il faisait chaque jour une petite encoche, chaque mois une encoche plus profonde, et le douzième mois, il marquait d'un grand 1 la première année de son calendrier local.
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