Lire le texte en repérant les concepts clés et les principales articulations
Lire le texte en repérant les concepts clés et les principales articulations et répondre aux questions :
Quelques pistes de réflexion
La liberté consiste à
- ne pas ...
- ne pas ...
Quelques lectures pour approfondir

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Maryvonne Longeart
Expliquer le texte suivant :
Quand chacun fait ce qui lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît à d'autres, et cela ne s'appelle pas un état libre. La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à n'être pas soumis à celle d'autrui; elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d'autrui à la nôtre. Quiconque est maître ne peut être libre, et régner, c'est obéir. (...)
Dans la liberté commune, nul n'a le droit de faire ce que la liberté d'un autre lui interdit, et la vraie liberté n'est jamais destructrice d'elle-même. Ainsi la liberté sans la justice est une véritable contradiction; car, comme qu'on s'y prenne, tout gêne dans l'exécution d'une volonté désordonnée. Il n'y a donc point de liberté sans lois, ni où quelqu'un est au-dessus des lois : dans l'état même de la nature, l'homme n'est libre qu'à la faveur de la loi naturelle qui commande à tous. Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas; il a des chefs et non des maîtres; il obéit aux lois, mais il n'obéit pas aux hommes.
Rousseau
La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
On ne rend pas justice à la thèse de Rousseau quand on la ramène simplement à l'adage populaire :
" La liberté des uns s'arrête
où commence celle des
autres. "
C'est exact, mais Rousseau va plus loin en affirmant :
" Il n'y a point de liberté sans lois ni là où quelqu'un est au-dessus des lois. "
Ainsi, Rousseau affirme deux thèses :
Pour bien expliquer la différence entre un chef et un maître, il faut rappeler la différence entre un contrat d'association et une soumission. Les chefs sont chefs par le fait du contrat d'association fondé sur le consentement mutuel. Les maîtres sont maîtres par le fait de la soumission. (Voir Rousseau, Du Contrat Social, L.I)
Pour Rousseau, un état légitime est un état fondé sur un contrat d'association dont la clause unique est la soumission totale et inconditionnelle de tous vis-à-vis de chacun. Chacun est donc, à l'issue du contrat, à la fois gouvernant et gouverné. Les chefs ne sont que les représentants de la souveraineté de tous et chacun, donc l'incarnation de la volonté générale. Obéir aux chefs n'est donc qu'obéir à la volonté générale, qui est aussi la nôtre par définition.
Ainsi, le chef est bien au service de tous, alors que le maître nous asservit tous.
Rousseau affirme ici le lien étroit entre liberté et justice, c'est-à-dire liberté et égalité: pas de liberté sans égalité.
L'égalité est établie par le contrat social. Celui-ci, tel que le conçoit Rousseau, est un contrat d'association (et non un contrat de soumission comme le prétend Hobbes) dont la clause unique est la soumission totale et inconditionnelle de tous vis-à-vis de chacun (cf. Du Contrat social, L. I, ch. VI). C'est cette réciprocité totale dans la soumission qui crée l'association et qui, en établissant l'égalité, garantit par là-même la liberté.
La justice dont parle Rousseau dans le texte n'est rien d'autre que cette égalité garantie par le contrat social.
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