La politique


La société
et l'état

Synthèse

La politique
La société et l'état




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La politique, la société et l'état

 

L'anarchisme


« Anarchie » veut dire « absence de pouvoir ». Les théories anarchistes sont caractérisées par l’importance qu’elles accordent à l’individu. Elles ont été inspirées par l’ouvrage de Max Stirner L’unique et sa propriété (1844) dans lequel l’auteur affirmait « la seule cause que j’ai à défendre est moi-même ».

1. La conception anarchiste de l’état

L'anarchisme n'est pas un mouvement unitaire et il n'y a pas une théorie anarchiste dogmatique qui constituerait la ligne de pensée officielle du mouvement. Cependant, dans leur diversité, les anarchistes s'accordent sur deux thèses en apparence incompatibles :

  1. Il faut défendre à tout prix les libertés individuelles contre le pouvoir de l’état. C'est une forme radicale du libéralisme politique
  2. Le libéralisme économique entraîne la misère et l’injustice, il est donc condamnable. Il faut organiser collectivement la production et la consommation des biens. C'est une forme de socialisme

Comment concilier ces deux thèses? L’idée des anarchistes est qu’une bonne organisation économique rend inutile le pouvoir étatique. Autrement dit, le socialisme économique a pour conséquence directe le libéralisme politique radical : l’abolition de l’état.

Comment est-ce possible? L’état est une organisation centralisée et hiérarchique qui fonctionne de haut en bas. D’où la nécessité de la contrainte pour imposer au bas de la pyramide des décisions prises en haut, souvent sans consultation, contre la volonté et contre les intérêts des personnes directement concernées.

Il faut donc substituer à cette organisation « verticale » centralisée une organisation « horizontale » décentralisée qui reposerait sur l’association libre des individus. Dans une telle société, toutes les décisions seraient prises par les personnes intéressées sous la forme d’accords contractuels volontaires.

C’est donc bien une forme de socialisme : le principe de l’économie anarchiste n’est pas « laisser faire-laisser aller », mais la consultation et la concertation, donc le contrôle mutuel des individus.

Mais c’est aussi un libéralisme : L’état comme instrument de contrôle et de contrainte des individus disparaît.

On peut considérer que l’anarchisme est une théorie du contrat social morcelé: la société est fondée non pas sur un contrat, mais sur une multitude de contrats. Les thèmes anarchistes ont dominé certains mouvements contestataires, comme le mouvement de mai 68 : autogestion, participation, mutualité, solidarité.

Le problème est que les théories anarchistes disent peu de chose sur le passage de la société étatique actuelle à la société sans état. En ce sens, ce sont des utopies.

Certains groupes anarchistes ont encouragé le terrorisme individuel comme moyen d’action politique pour faire advenir l’ordre nouveau qu’ils préconisaient. Cependant, il n’y a pas de lien nécessaire entre anarchie et terrorisme. Le terrorisme est un moyen d’action politique fondé sur la violence individuelle qui a été utilisé par des groupes de toute tendance politique. S’il a tenté certains anarchistes, c’est à cause de son caractère individuel (les anarchistes refusent de s’organiser en parti). Il y a des anarchistes non violents, dont le plus célèbre est probablement Léon Tolstoï dont l’idéal était de donner une forme concrète et rationnelle à l’éthique chrétienne. Tolstoï préconisait la non-obéissance comme facteur de changement.

2. Anarchisme et Marxisme

La conception anarchiste d’une société sans état est proche de celle que préconise Marx quand il affirme:

 « Au gouvernement des hommes, il faut substituer l’organisation des choses. »

Le gouvernement des hommes c'est l’état; l’organisation des choses c'est la société communiste.

Mais contrairement aux anarchistes, Marx a essayé d’élaborer une théorie du passage du capitalisme libéral au socialisme (niveau économique) et de l’état centralisé à l’association décentralisée (niveau politique).

Les deux thèses de Marx (dans Le capital) sont que

  1. Les contradictions internes du capitalisme devraient entraîner nécessairement sa chute.
  2. Un état transitoire, la « dictature du prolétariat », devrait assurer la transition de l’ordre étatique à l’abolition de l’état.

Ce qui garantirait le succès de cette transition et le fait que, par définition, le prolétariat n’étant propriétaire d’aucun moyen de production (terres, usines, etc.), il n’a pas d’intérêt privé à défendre. Il serait donc désintéressé.

Peut-on encore partager l’optimisme de Marx? Le prolétariat tel qu’il le décrit a-t-il jamais existé? Si oui, a-t-il jamais pris le pouvoir? S’il le prenait n’en serait-il pas corrompu?

On sait que les exemples historiques de dictatures du prolétariat n'ont été que des totalitarisme comme les autres...

Pour une analyse de l'Etat totalitaire, voir la synthèse sur le fascisme.



Maryvonne Longeart
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