La culture

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Retour à la nature ...

ou institution d'une norme supérieure ?

Diogène propose-t-il vraiment un "retour à la nature"?

La critique de la culture se fait-elle du point de vue de la nature ou du point de vue d'une autre exigence culturelle ?

Relevez les transgressions de Diogène.
Montrez, pour chacune d’entre-elles, quelle règle sociale lui correspond et
quelle nouvelle exigence est introduite
par Diogène en transgressant cette règle.

Mise en situation

Une légende raconte que Platon aurait dit
à propos de Diogène :
« C’est Socrate devenu fou ».
Pourquoi serions-nous tentés de dire de Diogène : « il est fou ! » ?

Vous est-il déjà arrivé de transgresser un interdit et de vous faire taxer de "fou" ?

Enfin, demandez-vous s'il est possible de vivre sans règles.

 

 

[Quelques anecdotes rapportées par Diogène Laërce sur Diogène le Cynique]

Tonneau : Diogène avait écrit à quelqu'un de lui trouver une maisonnette. Comme ce dernier tardait à le faire, Diogène établit sa demeure dans un tonneau (…). L'été, il s'y roulait dans le sable brûlant, tandis que l'hiver, il embrassait les statues couvertes de neige, tirant ainsi parti de tout pour s'endurcir. [Diogène Laerce, Vl, 23]

Écuelle : Voyant un jour un petit garçon boire dans ses mains, il jeta son gobelet hors de sa besace en s'écriant : “ Un gamin m'a dépassé en frugalité ! ”. Il se débarrassa aussi de son écuelle quand il vit pareillement un enfant qui avait cassé son plat prendre ses len­tilles dans le creux d'un morceau de pain. [DL, Vl, 37]

Dieux : Il faisait encore le raisonnement suivant : tout appartient aux dieux, les sages sont amis des dieux, les amis partagent tout en commun, toutes choses, donc, appartiennent aux sages.

Il aperçut un jour une femme prosternée devant les dieux d'une façon inconvenante ; voulant l'arracher à sa superstition, il s'en approcha et lui dit : “ Ne crains-tu pas, ma fille, qu'un dieu ne se tienne par hasard derrière toi - tout est plein de sa présence en effet - et alors ne manquerais-tu pas de tenue ? ” [DL, Vl, 37]

Alexandre le Grand : Il prenait le soleil (…); survint Alexandre qui lui dit, en se tenant devant lui : “ Demande-moi ce que tu veux ! ” - “Arrête de me faire de l'ombre ! ” répliqua Diogène. [DL, Vl, 38]

Privé/public : On lui reprochait un jour de manger sur la place publique : “ Eh quoi ? reprit-il, c'est sur la place publique que j'ai ressenti la faim ! ” [ DL, Vl, 58]

Il avait l'habitude de tout faire en public, les œuvres patronnées par Déméter aussi bien que celles d'Aphrodite. Il raisonnait, en effet, ainsi : s'il n'y a rien d'absurde à déjeuner, il n'est pas déplacé de le faire en public ; or déjeuner n'est pas absurde, donc il n'est pas déplacé de le faire sur la place publique. Se masturbant même en public, il disait : “ Ah ! si seulement on pouvait faire cesser la faim en se frottant ainsi le ventre ! ” [DL, VI, 69]

Entraînement : À son avis, il y a deux sortes d'ascèse, celle de 1'âme et celle du corps. Cette dernière est celle dans laquelle, par un exercice continu, se forment les représen­tations susceptibles d'assurer la souplesse des mouvements en vue des actes vertueux. Il faut voir comment les ouvriers, dans les métiers manuels et les autres arts, acquièrent leur savoir faire, non par hasard, mais à force d’entraînement (…). Et si seulement ils avaient pu transposer cet entraînement sur le terrain de leur âme, leur labeur n’eût pas été inutile ou privé de résultat. [DL, VI, 70]

Société/mariage : Diogène se moquait de la noblesse du sang, du renom et autres choses du même genre : ce sont, disait-il, les parures voyantes du vice. Et la seule vraie citoyenneté est celle qui s’étend au monde entier. Il défendait la communauté des femmes et jugeait le mariage n’est rien d’autre que l’union d’un homme et d’une femme au gré du bon vouloir de l’un et du consentement de l’autre. [DL, VI, 72]

Il pensait en conséquence que les enfants doivent aussi appartenir à tous. [DL, VI, 79]

Cannibalisme : Il ne voyait rien non plus de déplacé à s'emparer des biens d'un temple ou à manger la chair de quelque animal : pas plus qu'il ne trouvait d'impiété parti­culière à dévorer de la chair humaine, comme l'attestent les coutumes de certains peuples étrangers.

Sépulture : Certains racontent que, sur le point de mourir, il ordonna qu'on le jette au-dehors, sans sépulture, livré en proie aux bêtes sauvages, ou bien qu'on le culbute dans quelque fosse en le recouvrant d'un peu de poussière. [D L, Vl, 79]



Maryvonne Longeart
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