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Cours

Jean-Paul Sartre

1905-1980

(en construction)


Eléments de biographie

Philosophe français existentialiste. Un des principaux introducteurs de Husserl en France avec Merleau-Ponty.

Il entre à l'Ecole normale supérieur et passe l'agrégation de philosophie. Il enseigne au Havre puis étudie Husserl et Heidegger en Allemagne.

En 1945, il fonde la revue Les Temps modernes avec Merleau-Ponty.


Thèmes majeurs

Au delà des multiples reniements, la pensée de Sartre se caractérise par une réflexion sur la subjectivité et la liberté

La subjectivité

Il est nécessaire de supposer la conscience pour rendre compte de l'être humain et de ses productions.

La subjectivité est un dépassement (transcendance). Elle est créatrice de ses propres normes. L'homme n'est pas prédéfini. Il se définit par ses actes et ce qu'il fait de sa vie. L’homme n’est rien d’autre que son projet, il n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est donc rien d’autre que l’ensemble de ses actes, rien d’autre que sa vie. Trop souvent, on se donne des excuses: les circonstances ont été contre moi, je valais beaucoup mieux que ce que j’ai été. Or, en réalité, il n’y a pas d’amour autre que celui qui se construit, il n’y a pas de possibilité d’amour autre que celle qui se manifeste dans un amour. Un homme s’engage dans sa vie, dessine sa figure, et en dehors de cette figure, il n’y a rien. C'est le sens de l'affirmation que chez l'être humain, "l'existence précède l'essence."

La liberté

La liberté est une condition pour l'être humain: une liberté à laquelle on ne peut échapper.  « Nous sommes seuls, sans excuse. C’est ce que j’exprimerais en disant que l’homme est condamné à être libre. »

La liberté est un projet, une visée, une intentionnalité au sens de Husserl . Elle se vit dans l'angoisse devant la nécessité de choisir parmi tous les possibles. L’être humain vit « en situation » : il a un corps, un passé, des amis, des ennemis, des chefs, des subalternes, il appartient à une certaine époque en un certain lieu... Mais la situation dans laquelle il vit ne détermine pas son existence. Quelle que soit la situation, il peut encore choisir de s’y soumettre ou de la dépasser par ses projets, par ce qu’il décide de faire de ce qui lui est donné. C’est cela être libre. C’est en ce sens que Sartre peut affirmer que « nous n’avons jamais été aussi libres que sous l’occupation allemande. »

Et ainsi, ajoute Sartre, « On ne fait pas toujours ce que l’on veut , mais on est toujours responsable de ce que l’on fait. » La liberté implique une entière responsabilité du sujet.

L’homme est responsable de tous les hommes

La liberté se réalise dans l'engagement qui permet la rupture, l'ouverture dans le champ des possibles.

Mais cet engagement n'engage pas que moi:

« l’homme sera d’abord ce qu’il aura projeté d’être (...) l’homme est responsable de ce qu’il est. Ainsi, la première démarche de l’existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu’il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de son existence. Et quand nous disons que l’homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l’homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu’il est responsable de tous les hommes (...). Quand nous disons que l’homme se choisit, nous entendons que chacun d’entre nous se choisit, mais par là nous voulons dire aussi qu’en se choisissant, il choisit tous les hommes. En effet, il n’est pas un de nos actes qui, en créant l’homme que nous voulons être, ne crée en même temps une image de l’homme tel que nous estimons qu’il doit être. (...) Ainsi, notre responsabilité est beaucoup plus grande que nous ne pourrions le supposer, car elle engage l’humanité toute entière. (...) Ainsi je suis responsable pour moi-même et pour tous, et je crée une certaine image de l’homme que je choisis; en me choisissant, je choisis l’homme. » Jean-paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme

Autrui, ce moi qui n'est pas moi

Autrui est à la fois celui qui me juge et sous le regard duquel je deviens une "chose" ("l'enfer, c'est les autres") ; mais c'est aussi "le médiateur entre moi et moi-même".

Ma liberté passe par la liberté d'autrui.


Principales oeuvres

Pour en savoir plus

Encyclopédie Wikipédia



Maryvonne Longeart