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Anciens éditoriaux - Editorial n°06

Heureuse polysémie


Ce qui est fascinant avec le langage humain et qui ne cesse de nous étonner, c'est que grâce à sa double articulation (le niveau des monèmes ou morphèmes et celui des phonèmes), il permet de réaliser une importante économie de moyens dans les différentes formes d'expression qu'il met en oeuvre. Comme le signale André Martinet, « Quelques milliers d'unités, comme "tête", "mal", "ai", "la", largement combinables, nous permettent de communiquer plus de choses que ne pourraient le faire des millions de cris inarticulés.» Mais plus remarquables encore sont les phonèmes qui, en nombre très réduit (quelques dizaines), permettent de produire une infinité de sens par un jeu subtil de combinaisons. Phonèmes et monèmes sont donc à l'origine de l'inépuisable réservoir de sens que constitue une langue.

Mais, comme si cela ne suffisait pas, une autre particularité du langage vient encore enrichir la palette d'expressions possibles: il s'agit de la polysémie. A première vue, il s'agirait là d'un défaut, qui semble obscurcir la signification des mots que nous utilisons. Le fait qu'une même suite de sons puisse avoir plusieurs sens constitue un piège qui peut être un obstacle réel à la communication en engendrant des quiproquos multiples. C'est sans doute une des raisons qui a poussé les logiciens du cercle de Vienne à rêver d'une langue débarrassée de toutes les ambiguïtés liées à la polysémie, dont les métaphysiciens ont largement joué.

Toutefois, on peut récuser une telle position. En effet, si on éliminait la polysémie, il s'en suivrait un appauvrissement considérable du langage, qui se verrait aussitôt dépossédé des finesses rendues possibles par la différentiation contextuelle. Et puis, il faudrait faire le deuil des jeux de mot et des mots d'esprit. Qui serait prêt à payer un tel prix pour gagner une bien illusoire clarté?


Pierre Hidalgo

Date de création : 02/04/2006 @ 10:44
Dernière modification : 15/06/2008 @ 19:13
Catégorie : Anciens éditoriaux
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par paradox le 09/06/2007 @ 11:15

Non seulement la polysémie est indispensable dans l'entendement d'un langage, puisque cela permet de cerner un ensemble de notions concernant une même idée, donc d'avoir une approche conciliante sur un même sujet, ce qui vient enrichir la possibilité d'interactions susceptibles d'ouvrir des horizons intellectuels nouveaux, voire simplement nuancés, c'est-à-dire une inflorescence digne d'intérêt, mais en plus, elle permet de concevoir notre univers comme un tout relié en permanence et donc de le refléter au plus juste, quand bien même lorsque l'on parle on ne se concentre que sur une seule de ses parties à la fois : on entrevoit alors l'immensité de la totalité.

Mais que dire de l'homophonie? Tout aussi exemplaire. Un même son, une même contribution phonétique qui signifie des notions radicalement différentes, que seul le contexte permet de les dissocier. Subtilité de langage? Coquetterie? Manque d'imagination? Ou bien subtilité d'imagination? Car cela n'autorise-t-il pas une exploration, ou tout au moins une approche exploratoire divergente à partir d'un même son? C'est-à-dire une possibilité temporaire d'appréhender simultanément 2, ou plus, univers différents? C'est-à-dire de mettre en évidence, inconsciemment la plupart du temps, qu'il existe la possibilité d'une cohabitation de mondes similaires sur certains aspects, bien que totalement différents sur leurs fondements. Et cela s'applique concrètement, dans notre quotidien, mais aussi d'une façon beaucoup plus irrationnelle, car cela supposerait qu'il puisse exister des univers parallèles que la physique quantique suggère. Vision simpliste pourraient dire certains, vision tout court pour d'autres, mais je tiens cependant à faire remarquer que notre langage est aussi l'expression de notre perception intuitive de notre environnement et de nous-mêmes : il permet de faire comprendre un ressenti souvent inaccessible par la raison et, pour cela, il use de stratagèmes terriblement efficaces lorsqu'il s'agit d'actionner notre intelligence, tout en faisant preuve d'humilité : l'humain n'aime guère être pris en défaut, alors il lui a fallu créer un langage évocateur qui, non seulement, doit coder subjectivement la nature de ce qu'il est et de ce qui l'a engendré, mais également, un langage qui sache flatter son égo, au point d'y cacher ce qu'il refuserait d'admettre au-delà d'une réalité qui le rassure.

Alors, il suffit de l'encourager sans que cela ne transparaisse. D'autant que l'homophonie est bien souvent due à des origines populaires qui traduit une écoute peu rigoureuse, mais suffisamment instructive pour faire une équivalence, parce que le ressenti s'inspire alors du son qui apporte un ressenti similaire, l'intuition n'étant pas l'exclusivité des grammairiens. L'exemple le plus frappant c'est l'expression "pis-aller" (ce dont on doit se contenter faute de mieux) qui devient, surtout dans le sud de la France, "pire aller", le pire étant alors ce dont on doit se satisfaire, ce qui renforce l'idée qu'il existe un mieux inaccessible dans les circonstances. Certes, ce n'est pas une homophonie, mais c'était simplement pour illustrer l'inspiration populaire et son écoute peu scrupuleuse parfois, mais qui répond à une logique succinte quoique juste.


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