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rousseau.jpgPériode moderne - Rousseau (1712-1778)
Éléments de biographie

Jean-Jacques Rousseau, fils d'un horloger, est né à Genève en 1712, mort à Ermenonville en 1778. Après des études élémentaires, il est mis en apprentissage, mais à seize ans, il quitte sa ville natale et rencontre Madame de Warens qui l'aidera à compléter son éducation.

Il arrive à Paris en 1742 et rencontre les encyclopédistes, en particulier Diderot. Son Discours sur les sciences et les arts , couronné par l'Académie de Dijon, lui apporte la célébrité.

De 1756 à 1762, il séjourne à l'Ermitage, à Montmorency, invité par Madame d'Epinay. Ayant rompu avec Diderot, il est de plus en plus isolé. Après la publication de l'Émile, il doit s'exiler. Il ne revient à Paris qu'en 1770 et meurt en 1778, brouillé avec tous ses amis.

 


 

Thèmes majeurs

L'état de nature

L'État de nature n'est ni une fiction ni une étape historique initiale de l'évolution de l'humanité, mais un modèle théorique, obtenu par abstraction, de l'homme tel qu'il serait s'il ne devait rien à la vie en société. Le naturel en l'homme n'est pas cependant une abstraction mais ce que chacun doit à sa nature avant les distortions imposées par un état social dégénéré. Mais "ce n'est pas une légère entreprise de démêler ce qu'il y a d'originaire et d'artificiel dans la nature actuelle de l'homme." (Préface au Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes.)

L'homme à l'état de nature est caractérisé par la bonté et la perfectibilité.
"Bon", il l'est d'une bonté toute négative, en ce sens qu'il n'est pas méchant. La méchanceté suppose la volonté de faire le mal. Or l'homme qui, à l'état de nature, serait isolé par définition, ne pourrait vouloir faire de mal à personne, puisqu'il n'aurait pas de "semblable". Il serait donc "innocent", c'est-à-dire inoffensif.
L'homme à l'état de nature n'est pas parfait, mais perfectible. Il est à un degré zéro de développement à partir duquel tout est possible, le meilleur comme le pire. Les qualités naturelles de l'homme peuvent tout autant se dégrader que se développer. Ainsi, la perfectibilité, "cette faculté distinctive et presque illimitée, est la source de tous les malheurs de l'homme". ( Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes.)

Il n'a jamais été question pour Rousseau de prôner un retour à l'état de nature, et ce pour deux raisons : la première est que cela n'aurait pas de sens de retourner à un état qui n'a jamais existé; la deuxième est que l'homme à l'état de nature est un homme dont l'état de développement moral et intellectuel serait nul. L'état de nature n'est donc pas l'état idéal.

Le contrat social

Les qualités naturelles se dégradent sous l'effet d'une mauvaise socialisation, qui est un état de violence. Dans le passage de l'isolement naturel à la vie sociale, l'appropriation est le point de non retour : "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire Ceci est à moi et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile." (Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. Partie I). L'homme perd alors son indépendance et se dénature. Le processus de dégradation commence.

Seule une bonne socialisation pourrait faire retrouver le naturel en l'homme et lui permettre de le développer. La bonne socialisation permet non pas de retrouver l'état de nature, ce qui serait contradictoire, mais de retrouver le naturel en nous. L'homme naturel, l'homme du Contrat social (ou de l'Émile), contrairement à l'homme de la nature, est un homme qui a porté à la perfection ses capacités naturelles au lieu de les pervertir.

Toutes les théories du contrat social avant Rousseau, qu'elles soient absolutistes (Hobbes) ou libérales (Locke), reposent sur l'aliénation totale ou partielle de l'individu. Or, pour Rousseau, le problème est d'abord et avant tout de préserver la liberté. D'où l'énoncé de son problème :

" Trouver une forme d'association par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant."

La condition d'une bonne socialisation est un contrat d'association qui préserve l'égalité et la liberté des contractants. Cela se fait grâce à l'abandon, total et totalement réciproque par tous les contractants de tous leurs droits à toute la communauté. Chacun reçoit ainsi en retour tout ce qu'il avait initialement donné.

Liberté naturelle, liberté civile

"L'homme est né libre...". La liberté naturelle est une liberté d'indépendance (autarcie) qui consiste à faire tout ce qui est nécessaire pour assurer sa propre conservation.

"...et partout, il est dans les fers." La liberté civile est une liberté d'autonomie qui consiste à se donner à soi-même (auto) ses propres lois (nomos = la loi). Si l'homme est dans les fers, c'est qu'il a perdu sa liberté naturelle sans jouir pour autant de la liberté civile. Seul un contrat d'association qui fait de chaque citoyen un co-législateur peut garantir l'autonomie. En effet, pour l'homme social, "il n'y a pas de liberté sans loi, ni là où quelqu'un est au-dessus des lois." (Du Contrat social, L. I)

Amour propre, amour de soi

L'amour de soi est un sentiment naturel qui pousse tout être vivant à "persévérer dans son être" c'est-à-dire à assurer sa propre survie. C'est la source de toute moralité, et en particulier de la pitié : refus de voir souffrir un être semblable à soi. On se soucie des autres parce qu'on se met à leur place et qu'on s'aime soi-même.

L'amour propre, au contraire, est une passion artificielle, née de la société, qui consiste à se préférer aux autres. Il est fondé sur la comparaison et le désir de domination.

L'éducation

Le salut de l'humanité ne peut venir que de l'individu. Seuls des hommes correctement éduqués, c'est-à-dire qui ont épanoui leurs qualités naturelles, peuvent être les citoyens d'un état fondé sur un contrat social légitime.

Rousseau a été le premier pédagogue à reconnaître une spécificité de l'enfance. L'enfant n'est ni un petit animal, ni un petit adulte. Il est un être humain en devenir. Il faut respecter le rythme naturel de son développement.

Morale et religion

Dans la célèbre "Profession de foi du Vicaire savoyard" (Émile, L. IV), Rousseau défend deux thèses :

  1. La conscience morale est un sentiment immédiat et universel. (Conception proche de celle de Kant)
  2. Dieu est accessible par les voies du coeur, indépendamment des livres sacrés et de l'Église. Cette thèse vaudra à Rousseau d'être condamné par les autorités religieuses et contraint à l'exil.

 


 

Principales oeuvres


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Article rédigé par Maryvonne Longeart, professeur de philosophie, pour le Lycée Ouvert de Grenoble


Date de création : 07/12/2008 @ 15:42
Dernière modification : 31/10/2009 @ 00:00
Catégorie : Période moderne
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