Dans les sociétés démocratiques, chaque citoyen est habituellement occupé par la contemplation d'un objet très mesquin, qui est lui-même.  Tocqueville
 
 
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Editorial


Un texte qui nous interpelle au coeur même de notre actualité... A déguster sans modération!

173. Les apologistes du travail.

Dans la glorification du «travail», dans les infatigables discours sur la «bénédiction» du travail, je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd'hui, à la vue du travail — on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir —, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême.



Nietzsche, Aurore, livre troisième ; aphorisme 173.


Date de création : 15/06/2008 @ 19:09
Catégorie : - Anciens éditoriaux
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