Cycle de conférences : Forces et faiblesses de la démocratie

Conférence n°3: le 2 mars : Les passions de la multitude et la vigilance démocratique
Martine Verlhac, maître de conférence honoraire en Première Supérieure , Philosophie
La multitude qui dans une démocratie transfère sa souveraineté ne transfère pas sa puissance à laquelle nul ne peut jamais renoncer. La condition requise pour la conservation du régime démocratique n’est pas qu’elle vive exclusivement sous la conduite de la raison mais plutôt que ses passions aiguisent une vigilance qui ne lui fasse pas souhaiter la destruction du corps politique.
Or la confiscation de la souveraineté, la récusation de la puissance de la multitude, l’indignation ou la servitude consentie qui peuvent en découler œuvrent à la destruction du corps politique. La véritable difficulté que rencontre la démocratie serait que la multitude, dont le souverain fait partie, puisse exercer sa vigilance à l’égard des institutions démocratiques. Cette vigilance à laquelle la démocratie doit éduquer ne devrait rien devoir ni à la condescendance des experts, ni à la tyrannie voilée des populistes ni aux passions tristes qui peuvent toujours s’emparer de la multitude. C’est dire sa difficulté.
Les conférences continuent de se tenir à l’Université, rue Marcoz le mercredi de 18h à 20H, soit dans l’amphithéâtre soit salle 3 ( le lieu sera précisé dans l’entrée).