David Hume (1711-1776)

Éléments de biographie

Philosophe écossais, né à Edimbourg, Hume est le plus grand représentant du siècle des Lumières en Angleterre. « Je l’avoue franchement, ce fut l’avertissement de David Hume qui interrompit d’abord, voilà bien des années, mon sommeil dogmatique » affirme Kant.

Hume fait des études classiques et étudie la physique de Newton.

Écarté de l’université à cause de ses opinions religieuses, il fait carrière dans la diplomatie. Secrétaire de l’ambassadeur d’Angleterre en France de 1763 à1765, il est l’ami de Diderot et d’Alembert.

Rousseau l’accompagne à Londres en 1766, mais ils se brouillent rapidement.

Thèmes majeurs

Influencé par le scepticisme antique, et en particulier celui de Sextus Empiricus pour qui la vérité nous échappe en tout, Hume est aussi un empiriste dans la lignée de Locke.
Le projet d’une science de la nature humaine

Critiquant le dogmatisme de la métaphysique du XVIIe siècle, Hume veut être le « Newton de la psychologie ». Son ambition est d’appliquer à la connaissance de l’esprit humain les méthodes de la science expérimentale.

Hume se pose deux questions:
  1. D’où vient la connaissance ?
  2. Comment se développe-t-elle ?

A la première question, Hume répond que nos connaissances trouvent leur source dans les impressions sensibles. C’est en cela qu’il est empiriste. Toutes les perceptions de l’esprit sont ou des impressions, ou des idées et les idées ne sont que des images effacées des impressions.

A la deuxième question, Hume répond que la connaissance se développe grâce à l’association des idées qui forme la mémoire et l’imagination. L’association se fait au hasard ou selon quelque régularité régie par trois principes:

  • Ressemblance
  • Contiguïté (proximité spatiale ou temporelle)
  • Causalité (idée d’une connexion nécessaire fondée sur l’expérience et l’habitude)
Ainsi, la connaissance n’est finalement pour Hume qu’une forme de croyance. C’est en cela qu’il est un sceptique.
Hume tire aussi les conséquences morales et politiques de ce scepticisme.
  1. La morale, bien qu’elle ait une certaine généralité, ne peut pas faire l’objet d’une démonstration rationnelle. Elle est affaire de sentiment et de sens commun: « La vertu est toute action ou qualité de l’âme qui excite un sentiment de plaisir et d’approbation sur ceux qui en sont témoins. »
  2. Le droit et la justice sont des vertus artificielles qui dépendent des circonstances.
  3. L’autorité politique est une convention implicite que seule la coutume et l’utilité publique présente justifient temporairement.

S’il n’y a pas de vérité absolue, ni en science, ni en morale, il n’y a pas non plus de scepticisme absolu (ce serait une autre forme de dogmatisme). Hume se qualifie lui-même de « sceptique mitigé ». Les croyances expérimentales de la science ainsi que certaines croyances fondamentales du sens commun sont utiles pour l’action. Ce n’ est pas le cas des croyances métaphysiques qui ne sont que des fictions.

Principales œuvres

  • Traité de la nature humaine (1740)
  • Essais moraux et politique (1741)
  • Enquête sur l’ entendement humain (1748)
  • Histoire naturelle de la religion (1757)
  • Dialogues sur la religion naturelle (1750 et suiv. , publié à titre posthume)

 

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