Conférence: La souveraineté du peuple et les droits de l’humanité : l’héritage de Rousseau

Cycle de conférences philosophiques Forces et faiblesses de la démocratie

Conférence n°7 :

La souveraineté du peuple et les droits de l’humanité : l’héritage de Rousseau

Bernard Gittler, chargé de cours au département de philosophie, Université de Grenoble Alpes, Démocratie et droits de l’homme

Mercredi 12 Avril – 18h-20h
Présidence Université Savoie Mont Blanc, 27 rue Marcoz, Chambéry

Dans son discours à la Convention du 2 thermidor de l’an III, Sieyès déclare que «les pouvoirs illimités sont un monstre en politique». Brider la souveraineté du peuple viserait à maintenir chacun dans ses droits, faute de quoi la volonté générale risquerait de remettre en cause les droits fondamentaux. Les garantir demanderait donc de sortir d’une conception démocratique de la souveraineté: ainsi raisonne Benjamin Constant, qui s’inscrit dans l’héritage de Sieyès. Au contraire, l’exercice du pouvoir devrait être laissé à ceux qui, mieux que le peuple, seraient en mesure d’assurer sa liberté.

Cette conception cherche à réfuter l’analyse rousseauiste, qui exige selon la nature du contrat social qu’aucun principe ne restreigne la souveraineté du peuple. Le renouveau des études de la philosophie politique de Rousseau, sous l’impulsion de Bruno Bernardi et du groupe Rousseau, remet en cause cette critique et montre que le Contrat social pense le développement des droits de l’humanité dans une société politique libre. Cela leur dessine une autre perspective, qui repose sur l’égalité, ce qui exclut que la garde en soit confiée à un pouvoir qui conditionne le souverain. Cet exposé permettra de la développer.