Conférence : Les impasses de la croyance démocratique.

Université de Chambéry LLSH – Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public

Conférences philosophiques

Forces et faiblesses de la démocratie

Les conférences continuent de se tenir à l’Université, rue Marcoz à Chambéry, le mercredi de 18h à 20H, soit dans l’amphithéâtre soit salle 3 ( Le lieu sera précisé dans l’entrée)

La démocratie l’a sans doute emporté aujourd’hui dans les esprits, malgré les tyrannies qui continueront de sévir encore longtemps de par le monde. Mais la division sociale du travail trouve un écho inquiétant dans la séparation de la sphère politique d’avec le peuple, sans compter l’obstacle majeur à la démocratie que constitue l’invocation et l’influence d’une sphère économique que l’on fait passer pour une seconde nature. Mais encore…il arrive au peuple d’errer et de consentir à de nouvelles servitudes. Si, donc, la démocratie est le meilleur des régimes au point d’être la mesure de la légitimité et du Droit, il s’agit bien d’en analyser les écueils pour continuer de la défendre et de la promouvoir.

Conférence n° 5 , 15 février : Les impasses de la croyance démocratique.

Pierre Garino, professeur au lycée Vaugelas de Chambéry.

A propos des désillusions dont la démocratie a pu faire l’objet nous rappellerons la phrase de Churchill : « La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres déjà essayés dans le passé ». Cette expression est souvent évoquée pour balayer les critiques adressées à la conception classique de la démocratie représentative et en minimiser les imperfections pour mieux se rassurer et finalement s’en consoler à bon compte : si la démocratie telle que nous la connaissons dans sa forme libérale occidentale n’est pas parfaite, elle est cependant le moins mauvais des régimes politiques et nous pouvons nous estimer heureux de vivre dans ce système malgré toutes nos déceptions. Cette affirmation a force d’argument d’autorité tant la démocratie semble s’ auto-légitimer » par une somme d’évidences indiscutables (On est en démocratie puisque c’est le peuple qui est souverain.On est en démocratie puisque le peuple a le droit de voter. On est en démocratie puisque c’est la loi de la majorité qui s’impose dans le respect du droit des minorités).

Ces fausses évidences seront discutées pour en montrer les ambiguïtés et en démontrer aussi les dangers politiques, et cela non pas pour refaire le « procès de la démocratie » maintes fois instruit depuis les premières critiques de Platon mais pour en dégager une conception plus solide de la démocratie dès lors qu’on s’est débarrassé des illusions mortelles du modèle actuel de la démocratie, aujourd’hui très profondément en crise . Invitant à une réflexion lucide et modeste sur quelques impasses de la « croyance démocratique » , on essaiera, à partir de leur éventuel dépassement, de retrouver les « raisons » d’une espérance crédible en une vie démocratique authentique.